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Délits sexuels et prévention
27 Février 2008
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La gendarmerie a rendu publique l’arrestation de dix jeunes gens accusés d’un viol collectif sur une jeune adolescente de 17 ans. Un fait divers qui, malheureusement, n’est qu’une toute petite partie d’un immense iceberg qu’il est urgent d’aborder. Urgent, car les faits divers liés aux délits sexuels sont plus importants qu’on ne le croit dans notre pays.
Tous les intervenants dans ce genre de délits, policiers, gendarmes, magistrats, s’accordent à dire que les cas non portés à leur connaissance peuvent être plus importants que ceux qui le sont. La peur du scandale et l’honneur de la famille empêchent beaucoup de victimes de se plaindre.
Le huis clos imposé par la justice pour ce genre de procès, s’il est largement justifié, ne suffit cependant pas à faire sauter les verrous derrière lesquels beaucoup de victimes souffrent en silence.
Les délits sexuels (viols, pédophilie, prostitution clandestine, inceste,...) découlent dans le langage des psychiatres d’une «agénésie de la conscience morale», c’est-à-dire d’une absence de «frein» contre la pulsion sexuelle biologique qu’aggrave la frustration. En plus simple, la pulsion sexuelle existe chez tous les êtres humains et c’est l’éducation qui en donne les freins ou contre-pulsion. Il faudrait, néanmoins, que l’éducation ne soit pas en butte à des facteurs contraires comme la frustration par exemple.
C’est là un problème de société qui fait des ravages en silence tant il est entouré de tabous particulièrement tenaces chez nous. L’ampleur des dégâts et le réalisme devraient inciter nos responsables à prendre en charge ce problème et aider la société à s’en prémunir. Si, bien sûr, nous refusons réellement le risque d’une dégénérescence de la moralité publique à terme.
Se voiler la face et pratiquer la politique de l’autruche est vraiment ridicule quand on sait tout ce que véhiculent les satellites et Internet. Tout le monde sait qu’il n’y a pas que le foot qui fait courir les Algériens pour «flasher leur démo».
Alors il faut cesser de se mentir. Il est temps que les pouvoirs publics fassent appel à tous les spécialistes concernés par ce fléau pour adopter la meilleure politique de prévention. Un moment, beaucoup d’optimistes avaient pensé que la lutte contre le sida allait offrir l’occasion idéale à l’Etat d’enclencher le processus et casser les tabous qui nous mènent à la catastrophe.
Les plus irréductibles d’entre eux attendent toujours et pensent qu’il n’est pas trop tard. Puissent-ils avoir raison!

Zouhir MEBARKI

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