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Cafouillages
28 Février 2008
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Fuite en avant. Le lait est sur le feu. On ajoute même de l’huile au feu. La scène politique et sociale nationale ressemble à s’y méprendre à un navire ivre conduit par deux commandants. L’un, souverain, désigné par le peuple, l’autre tente de jouer au véritable chef. Celui-ci au lieu de s’en tenir strictement à la lettre de sa mission, outrepasse ses prérogatives en se substituant au premier. Le tempo est donné par la porte-parole du Parti des travailleurs.
Le flambeau est repris par la Coordination des syndicats autonomes après avoir transité par le président de la cellule juridique, auxiliaire de la Commission nationale chargée de l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ils se sont tous élevés contre et dénoncé l’intervention des ambassadeurs de Grande-Bretagne et des Etats-Unis à Alger.
Il est reproché à ce dernier, selon les premiers cités, d’avoir outrepassé ses prérogatives en soumettant un questionnaire sur le troisième mandat présidentiel à des chefs de parti et à des délégués de la société civile. Ces deux diplomates ont eu l’outrecuidance de s’exprimer sur la situation nationale.
Ont-ils réellement dépassé leurs prérogatives? Ont-ils fauté? Ont-ils commis un impair? Dans le cas de l’affirmative, c’est au ministère des Affaires étrangères de mettre et/ou de remettre les points sur les «i».
En outre, au lieu de s’attaquer aux diplomates étrangers, la décence aurait voulu que l’on s’en prenne aux partis ayant répondu à l’invitation. Or, le vrai débat est ailleurs. Il est social avant d’être politique et diplomatique. A moins que ces attaques ne cachent d’autres visées. S’en prendre à deux diplomates agréés, au lieu de défendre le pouvoir d’achat du citoyen-électeur, est une manière de détourner l’attention des vrais problèmes sociaux.
C’est trouver un bouc émissaire à ses échecs. Plutôt que d’attaquer les vrais problèmes de face, on a recours à des subterfuges pour distraire l’attention des vrais problèmes. On a tendance à oublier que le monde est réel. Il est construit sur les questions de cause à effet. Et la flambée des prix en est une.
La nécessité d’action se fait urgente. C’est ce qui manque le plus à beaucoup de responsables. Les problèmes sociaux sont innombrables. Comme dans une partie de football, le premier arbitre n’a pas sifflé faute et encore moins désigné le rond central. Le jeu continue. Il faut mettre balle à terre.
Ce n’est qu’ainsi qu’on reconquiert sa place, du moins si on veut acquérir un ascendant social. D’autant qu’à chaque fois qu’on tente de détourner l’attention, le fardeau qui pèse sur les épaules des gens s’alourdit davantage. En attendant de fumer le calumet, la balle va continuer à circuler.

Smail ROUHA

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