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Les pouvoirs publics et les erreurs médicales
01 Mars 2008 Lu 409 fois
Le président du Conseil national de l’ordre des médecins, le Dr Bekkat Berkani, vient d’annoncer, à partir de Ghardaïa où il assistait, jeudi dernier, à une journée régionale sur l’éthique et la déontologie médicale que «500 plaintes au niveau national ont été déposées par des patients contre des médecins durant les trois dernières années». Des plaintes, vous l’aurez compris, qui font suite à des erreurs médicales. Le Dr Bekkat n’en dit malheureusement pas plus, sauf qu’il est «du devoir du praticien de parfaire ses actes par une formation continue pour éviter les erreurs médicales». Au-delà de l’occasion qu’il nous donne d’aborder ce douloureux problème, le président du conseil de l’ordre ne nous apprend, hélas, rien de nouveau. Le nombre de plaintes qu’il donne est aussi bien en deçà de la réalité. Pour au moins deux raisons. La première est que tous les malades ayant été victimes d’erreur médicale n’ont pas tous les moyens d’établir la preuve de l’erreur pour faire valoir leurs droits. Trouver un médecin, qui atteste d’une erreur commise par l’un de ses confrères est rarissime pour ne pas dire impossible. Ce qui revient à dire, sans se tromper, que les 500 plaintes émanent de malades qui ont la chance d’avoir un médecin qui leur est proche pour établir l’erreur. La seconde est que les «traitements» qui finissent mal sont systématiquement mis au compte de toutes sortes de considérations, à l’exclusion de toute défaillance du praticien. Surtout en zones rurales. Ceci veut dire aussi que le chiffre avancé par le Dr Bekkat ne reflète nullement la réalité et que celle-ci est autrement plus amère. Quant à évoquer la formation continue comme solution cela est vrai mais c’est aussi une façon d’éviter d’aligner parmi les causes l’incompétence et la négligence. Le cas de la circoncision qui s’est transformée en mutilation des enfants du Khroubs ne peut avoir pour cause la formation continue. Même si dans d’autres cas, un médecin qui ne met pas à jour ses connaissances finit très vite par devenir incompétent, tant la médecine fait des progrès rapides. Il y a aussi le cas de l’enfant opéré par un chirurgien pour qui le coté droit ou le coté gauche est sans importance. Les exemples sont multiples pour notre grand malheur. Il est temps que la défense des malades soit réellement assurée. Un rôle que ne peut remplir le conseil de l’ordre dans sa position de juge et partie. L’institution médicale de constat des erreurs, de contrôle et d’expertise, reste à créer. Pourquoi ne pas solliciter des médecins en retraite dans un «conseil de sages». Ils sont en condition de présenter toutes les qualités pour «siffler» les jeunes médecins qui ont des comportements proches des mécaniciens. Ceux pour qui l’être humain est une «mécanique», une chose banale. Sauf lorsqu’il s’agit de leur propre personne ou de leurs proches. Si le gouvernement ne fait rien pour sécuriser les malades, il accentuera le malaise social.
Zouhir MEBARKI
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