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Réviser la Constitution, oui mais...!
03 Mars 2008
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La révision constitutionnelle tourne à l’obsession chez Abdelaziz Belkhadem. Pour la énième fois, hier, il a déclaré «souhaiter» qu’elle ait lieu au cours de la session de printemps du Parlement, qui vient de s’ouvrir. N’est-ce pas une pathologie que de prendre ses désirs pour la réalité? Car, enfin, une révision c’est un contenu qu’il est nécessaire de modifier. Nulle trace de contenu dans les déclarations du secrétaire général du FLN. Sauf à considérer que le mandat présidentiel est le seul contenu à revoir, car jusque-là, il n’a évoqué aucun autre point de la Constitution nécessitant la révision. C’est à croire que la «mouture» préparée par le FLN comme l’avait annoncé Belkhadem lui-même il y a quelques mois, ne comprend que ce seul point.
Ses multiples relances pour une révision et ses silences sur le contenu réel dont il attend le changement ont de quoi intriguer. Pas une fois il n’a évoqué la nature du régime qui doit être choisie. Pas une fois il n’a abordé, ne serait-ce que l’intitulé de la RADP, pour dire s’il convenait toujours ou non.
S’il n’y avait que le troisième mandat en jeu, on voit mal le président de la République avoir besoin d’un «avocat» pour le dire. Si c’est pour maintenir la pression pour débusquer tous les opposants et fixer ainsi les rapports de force, c’est mal connaître le personnel politique du pays. Rien ne les fera bouger avant que le premier magistrat ne se prononce officiellement sur le sujet.
Le harcèlement de Belkhadem autour de cette question, dans tous les cas de figure, n’est pas fortuit. Certains n’hésitent pas à avancer que c’est la création du poste de vice-président qui le fait «courir». Et que dans cette course, il ne réalise pas toutes les aberrations qu’il avance.
Comme l’histoire de la mouture qui ne peut revenir à un parti qui n’occupe pas les trois quarts des sièges des deux chambres. Ou encore ce «souhait» dont personne ne sait sur quoi il repose. Ni même le fameux troisième mandat que seul Dieu et le président de la République savent s’il y a lieu d’en parler. Cette question fait partie de «la solitude du pouvoir» qu’il a évoquée récemment à l’agence Tass.
Alors, pourquoi Belkhadem revient-il inlassablement sur cette question? Et surtout de cette manière? La révision pour la révision.
Par contre, ils sont nombreux ceux qui pensent que Belkhadem croit ainsi pouvoir forcer la main au Président et l’obliger à se positionner avant l’heure. Si c’est le cas, c’est vraiment mal connaître Bouteflika. N’a-t-il pas toujours agi a contrario des «sources autorisées» dès lors qu’elles sont «distillées» au public?
Si M.Belkhadem veut encore évoquer la révision de la Constitution, le mieux est qu’il dise tout du contenu qu’il en attend. Sinon, il ferait bien de changer de sujet. Les sujets de sa compétence ne manquent pas.

Zouhir MEBARKI

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