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Les parlementaires au pied du mur
10 Mars 2008
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Sidérante réponse que celle qui a été donnée par le représentant du gouvernement aux questions orales des députés. «Nous n’avons pas de solutions. Faites-nous des propositions», a-t-il lancé aux parlementaires au sujet de l’inflation que connaissent les prix des produits alimentaires. Se peut-il que le gouvernement puisse faire un tel aveu d’impuissance sans aller au bout de sa démarche et se démettre? Comment le gouvernement conçoit-il son rôle? Que font les ministres pour meubler leurs journées s’ils sont incapables d’avoir les solutions à nos problèmes? Comment peut-on interpréter le fait que de tels propos puissent être tenus en direction de l’opinion publique? Il y a là un message que le gouvernement a intentionnellement délivré aux Algériens.
Il y a deux façons d’interpréter le message. Soit le gouvernement a voulu, par là, tancer les parlementaires et les interpeller pour remplir leurs fonctions qui sont de participer avec des propositions à la gestion des affaires du pays. Fonctions qui, il faut le dire, ne sont point le fort de nos parlementaires depuis toujours. Au point d’ailleurs que lors de questions aussi déterminantes dans la vie quotidienne des citoyens, une forte proportion de députés ne juge même pas utile d’être présente à l’hémicycle.
Si c’est le cas, et par extension, le gouvernement s’adresse aussi aux formations politiques et les somme d’être à la hauteur de ce qu’il est attendu d’elles. De s’impliquer de manière plus responsable et plus experte dans tous les dossiers en général et celui, très sensible, du pouvoir d’achat en particulier. De cesser de «répondre» aux questions par d’autres questions. D’en finir en somme avec le discours creux et stérile avec lequel nos parlementaires pensent pouvoir «noyer le poisson» avec comme seul souci, de préserver leur position sociale très avantageuse.
Il y a tout lieu de croire que c’est cette interprétation qu’il faut donner au message délivré par le gouvernement dans l’enceinte de l’APN. Ce qui est tout de même plus rassurant, si l’on ose dire, que la seconde façon d’interpréter, au premier degré, le message comme une reconnaissance faite par le gouvernement de sa propre inutilité. Car, enfin, des solutions existent face à l’inflation.
La première comporte tous les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Nous avons la chance d’avoir l’espace et une bonne terre, un bon climat, de l’argent et des bras. Il ne nous manque que le savoir-faire. Un savoir-faire qu’il est possible «d’importer» de ces pays d’Asie qui font de l’économie du savoir leur unique mais grande richesse. Plusieurs formules existent. Il nous manque un peu d’imagination aussi pour créer l’attraction nécessaire, par la défiscalisation par exemple. Par des facilités de cession ou de concession du foncier. Etc. etc. D’ailleurs, le dernier Conseil des ministres pour avoir reconsidéré la politique agricole poursuivie jusque-là, a fait son autocritique alors que les parlementaires dont c’est le rôle, n’y avaient vu que du feu.
Rien, cependant, ne trouble l’aplomb de nos parlementaires. Ils regardent ailleurs quand ils sont interpellés. Ils ne se sentent nullement concernés. Jusqu’à quand allons-nous vivre avec une telle représentation?

Zouhir MEBARKI

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