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Le poids du lobby pro-israélien
20 Avril 2008 Lu 546 fois
La course aux voix fait fureur dans les rangs des candidats démocrates américains qui se disputent les grâces du lobby pro-israélien, allant dans la surenchère jusqu’à se faire concurrence, à qui se montrera le plus adroit à faire passer les intérêts d’Israël avant ceux du peuple américain. Les candidats à la présidentielle du 4 novembre, tant démocrates que républicains, tout au long de la campagne électorale, ont fait assaut de soumission envers l’Etat hébreu. John McCain a même réservé sa toute première visite à l’étranger, en tant que postulant républicain à l’investiture présidentielle, à Israël. Après Hillary Clinton, qui «assura» Israël de son soutien, c’est au tour de son adversaire à l’investiture démocrate, Barack Obama, de promettre de «tout faire» pour défendre Israël. «En tant que président, je ferai tout ce que je peux pour aider (Israël) à se protéger (...) Nous ferons en sorte qu’(Israël) ait les moyens de se défendre d’attaques qui viennent d’endroits proches comme Ghaza ou éloignés comme Téhéran.» Le sénateur de l’Illinois rejette par ailleurs «sans équivoque» le droit au retour des Palestiniens parce qu’il «comprend» qu’Israël doit rester un «Etat juif». M.Obama donne, en fait, l’impression de n’avoir rien compris au dossier israélo-palestinien qui entre dans sa 60e année. Ce n’est certes pas avec ce genre de déclarations populistes qui, outre d’être improductives, sont dangereuses pour la paix au Proche-Orient, qui encouragent Israël dans son irrédentisme et ferment les portes à toutes les voies à une solution négociée, que les Etats-Unis vont faire baisser les tensions au Proche-Orient. Encore une fois, un potentiel présidentiable américain se laisse dicter les choix de la politique étrangère de Washington par le lobby pro-israélien. C’est là, cependant, un débat, réputé tabou, qui ne risque pas de voir le jour aux Etats-Unis, tant est omniprésente l’influence des groupes juifs, à leur tête le tout puissant Aipac (l’American Israeli Public Affairs Committee), véritable pont avancé d’Israël aux Etats-Unis. L’Aipac a, de fait, une influence décisive sur la politique étrangère américaine dans son volet proche-oriental. En effet, aucun président américain ne se permet de prendre un quelconque arrêt sans l’accord préalable du lobby pro-israélien. Si ce dernier joue un rôle prépondérant dans la politique proche et moyen-orientale des Etats-Unis, ses membres participent aussi grandement au financement des campagnes électorales en fournissant des fonds aux candidats. Dès lors, pour Israël, que le président soit démocrate ou républicain, c’est blanc-bonnet, bonnet-blanc; cela ne change rien dans la mesure où, avant même leur éventuelle élection, les candidats présidentiables font allégeance à Israël comme vient de le montrer le candidat Barack Obama qui a passé mercredi près d’une heure avec 75 représentants de la communauté juive, les assurant qu’il est un «ami» des juifs et un «ami» d’Israël. M.Obama, qui prend fait et cause pour l’une des parties en conflit au Proche-Orient, est-il qualifié demain -en cas de son élection à la magistrature suprême américaine- pour parrainer le processus de paix? On en doute, et ce n’est pas l’échec du président sortant, George W.Bush, qui nous démentira. Les présidents américains, qui font publiquement allégeance à l’Etat hébreu, en sus incapables de prendre du recul par rapport à Israël, ne sont manifestement pas les plus qualifiés pour trouver une issue à un contentieux, souvent sanglant, qui est au terme de sa sixième décennie.
Karim MOHSEN
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