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Jamais seule
21 Avril 2008 Lu 715 fois
La Kabylie ne marche plus. La Kabylie n’a pas renoué hier, à l’occasion du double anniversaire du Printemps amazigh, avec l’ambiance d’antan. L’événement est passé presque dans l’indifférence. Le pavé n’a pas été battu comme de coutume. Les mythiques rassemblements des années précédentes ne sont plus que souvenir. La Kabylie ne sait plus à quel «arch» se vouer. Les gens n’ont pas répondu aux appels des associations ni à ceux des partis politiques. Les monts du Djurdjura et de Yemma Gouraya n’ont pas renvoyé l’écho des appels aux marches. C’est le silence radio. Un silence assimilé à l’écoeurement d’une société désorientée par les fausses promesses. La confusion règne. Les citoyens attendent des éclaircissements sur les véritables enjeux se tramant sur leur dos. La Kabylie ne marche plus. Elle a compris. L’esprit n’est plus à la fête. Le coeur aussi. Les problèmes sociaux auxquels est confrontée la société, ont pris le dessus sur les revendications identitaire et politique. Les citoyens sont plus enclins à penser au simple légume qui fait défaut au fond du couffin. Aujourd’hui, d’autres problèmes, plus terre à terre, sont venus se greffer aux revendications. Les énumérer, nécessiterait plus d’espace que celui réservé à cet éditorial. Intervenant dans une conjoncture particulière marquée par la cherté de la vie, l’érosion du pouvoir d’achat, un taux de chômage galopant, ce double anniversaire est passé presque inaperçu. La Kabylie se meurt dans l’isolement. Sollicitée de partout et par tous, nul ne se soucie de son sort ni de celui de ses enfants. Aujourd’hui, la Kabylie semble avoir tiré les leçons de ses malheurs. Qui s’est soucié du chaos dans lequel elle fut plongée? Qui se soucie du fait que la Kabylie est évitée comme la peste par les investisseurs et les opérateurs économiques? Les frustrations et les disparités sociales nourrissent toujours le sentiment d’injustice qui s’étend au-delà des rapports individuels. Pourtant, théoriquement, les contraintes sont identifiées. Mais pour les actes, la Kabylie est conjuguée à la forme passive. Et dire que des plans ont été élaborés pour juguler la crise et sortir la Kabylie de sa léthargie. Les directives sont aussi claires que l’eau du Djurdjura. Il faut juste avoir la volonté d’aller de l’avant et de prendre les mesures adéquates pour mettre la Kabylie au diapason des autres régions du pays. Aujourd’hui, la Kabylie, coeur battant de l’Algérie, mérite beaucoup mieux que son sort actuel. Et si elle venait à pleurer, elle ne sera jamais seule!
Smail ROUHA
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