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Après le terrorisme, la faim
03 Mai 2008
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C’est peu dire que le monde vit de graves moments. La crise économique conjuguée à la crise alimentaire qui se sont abattues sur la planète ont de quoi inquiéter les plus optimistes. Et si l’Asie affiche encore une prospérité ce n’est, sauf miracle, qu’une question de temps. Quel pays ou continent pourra échapper à la hausse généralisée des prix des matières premières et des aliments de base? D’où s’approvisionnera la Chine pour faire tourner ses usines? D’où ramènera-t-elle le complément d’aliments à sa production pour nourrir le 1 milliard 200 millions de ses citoyens? Des pays producteurs comme l’Argentine, de peur de manquer de nourriture, freinent des quatre fers leurs exportations. Une crainte qui, si elle se répand, créera une situation où l’aisance financière seule ne sauvera pas les populations de nombreux pays. L’Algérie qui importe 80% de ses besoins alimentaires en fait malheureusement partie.
C’est le chaos mondial programmé. Bush après avoir injecté des milliards de dollars pour sauver les banques américaines a demandé, jeudi dernier, au Congrès de porter l’aide américaine pour les différents programmes de lutte contre la faim dans le monde à un milliard de dollars. Le président américain ne fait pas dans la philanthropie ni dans l’action purement caritative. Il sait les risques vers lesquels va le monde. Il faut remarquer que ces deux crises ont commencé l’été dernier, juste après que le terrorisme international eut «décroché» des pays occidentaux. Comme si elles lui avaient succédé. Il est clair qu’une famine décimera des populations entières au Sud. Aucun acte de violence terroriste ne peut atteindre le même résultat. Au Nord, c’est la ruine et la désolation qui attendent les populations avant qu’elles ne soient, à leur tour, atteintes dans leur garde-manger.
Pendant ce temps-là, en Amérique latine, au Venezuela et en Bolivie notamment, c’est la nationalisation à tour de bras. Gaz, cimenteries, téléphonie mobile, rien n’y échappe. Comme si le temps, là-bas, a fait un bond en arrière pour reprendre la propagation avortée du communisme de Che Guevara et de la révolution cubaine. Pour déstructurer la région comme l’ont été avant 1989 une partie de l’Europe, celles de l’Asie et de l’Afrique.
Si nous ne parvenons pas rapidement à retrousser nos manches et produire ce que nous mangeons, si nos dirigeants ne font pas preuve de grande intelligence pour nous faire traverser sans trop de dégâts les champs de mines installés dans l’espace économique et sécuritaire, il nous faudra alors lever le drapeau blanc moins d’un demi-siècle après avoir cru à la liberté. Seul un élan de mobilisation nationale comme celui qui a prévalu lors de la guerre de Libération peut nous sauver. Toutes les institutions de l’Etat, les partis, les syndicats, les associations civiles devraient placer la sauvegarde du pays comme priorité des priorités. Les divergences et les oppositions, qui sont aujourd’hui mises en avant, pourraient reprendre une fois le danger écarté. Malheur à ceux qui n’auront pas vu venir la tornade.

Zouhir MEBARKI

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