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Le grand gâchis
22 Mai 2008 Lu 974 fois
Les nouvelles qui parviennent du «front» sportif ne sont pas bonnes. Alors là, pas bonnes du tout à voir les bruits et fureurs exprimés par les uns et les autres. Comment? Tant de violences pour un match de football? Mais, est-ce seulement cela? Un match de foot? Certes, mais la situation est plus grave que l’on ne veut nous le faire croire. Face aux milliards que brasse le monde sportif -le football en particulier- le jeu à onze, singulièrement, a quitté depuis belle lurette cette zone d’innocence où la victoire ou la défaite, font partie d’un jeu où, nécessairement, il y a un vainqueur et un vaincu. Nous n’en sommes plus à cette simple évidence sportive, et tout un chacun ne veut que la victoire, quel qu’en soit le prix. En fait, le milieu du football a été de longue date gangrené par la corruption sans que l’on y prenne garde, ni qu’on établisse les nécessaires garde-fous qui auraient permis d’éviter que ce sport ne tombe entre les mains de margoulins. Cela n’a pas été le cas, hélas, et on ne parle plus dans nos chaumières que d’affaires de corruption, avérées ou non; de football, point. Les puristes ne se retrouvent plus dans le marécage qu’est devenu le jeu à onze algérien, qui dépérit d’année en année. Non! Il n’y a pas de quoi être fier de l’image que donne le football vert et blanc depuis trop longtemps. Gangrené par l’argent et la corruption, le jeu à onze ne fait plus illusion alors qu’il est pris en main par des gens qui n’ont de ce jeu que des vagues notions n’ayant pas de rapport avec la pratique. Pourtant, l’état de délabrement du jeu à onze est suffisamment alarmant pour alerter et inquiéter les responsables à tous les niveaux. Or, d’aucuns ont préféré avoir des oeillères, les intérêts en jeu, souvent extra-sportifs, leur interdisaient, semble-t-il, de prendre les mesures qui s’imposaient pour mettre le holà à la dérive que connaît notre football. Pourtant au regard des milliards généreusement distribués par l’Etat aux clubs, on pouvait espérer un autre état des lieux que la misère dans laquelle la pratique footballistique vivote. Mais le football est devenu un gouffre sans fond avalant tout mais ne rendant rien, situation aggravée en outre par le phénomène de la corruption. Phénomène, certes universel, mais que l’on semble, chez nous, admettre sans que l’on se donne les moyens de le combattre comme cela se fait ailleurs. De grands clubs, à l’instar de la Juventus ou de l’Olympique de Marseille, ont dû payer leurs erreurs ou malversations pour avoir outrepassé les lois du sport. Si de telles sanctions, pour mettre un terme à la corruption, ne sont pas envisagées par les instances sportives, c’est en fait laisser ouvertes les portes à tous les dérapages. Est-ce normal ces fureurs autour d’un match de football quand notre élite n’a d’élite que le nom, que l’Equipe nationale, délitée, n’a plus les moyens de figurer parmi les grands du Maghreb à défaut de l’être en Afrique et dans le monde. Aussi, il est urgent, face à la désagrégation du football, de prendre les mesures qui s’imposent pour mettre un terme au grand gâchis qu’est devenu le jeu à onze national.
Karim MOHSEN
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