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Comme un défaut
26 Juin 2008 Lu 481 fois
Viendra? Viendra pas? C’est la question qui semble tarauder nos amis français, depuis quelque temps, qui ont fait le siège d’Alger, afin de convaincre le Président Bouteflika, de participer à l’avènement, le 13 juillet à Paris, de l’Union pour la Méditerranée. Il y a un hic cependant. Les Algériens ne demandent qu’à être présents ce jour dans la capitale française - il n’y a pas de doute en fait qu’une délégation algérienne fasse acte de présence ce jour-là - aux côtés des invités du président français, Nicolas Sarkozy. Les choses sont-elles, toutefois, aussi simples qu’on semble le supposer de la part des responsables français, alors que les Algériens n’ont eu de cesse de demander plus d’éclairage, plus d’explications sur un projet qui a changé d’intitulé, de mission, voire de dimension. En effet, entre le projet «sarkozien» d’Union méditerranéenne (UM) et celui de l’actuel «Union pour la Méditerranée (UPM)», il y a un monde et...comme un défaut. En fait, il y a cette propension de nos voisins de la rive Nord de la Méditerranée, à organiser à leur guise les choses - bien entendu dans leurs intérêts bien compris - pour nous demander ensuite de venir les valider. Les pays de la rive Sud n’ont été ni consultés, ni associés à la mise en forme du concept de l’Union pour la Méditerranée. Tout a été concocté - vu et corrigé - au niveau du président français et de la chancelière allemande, Angela Merkel, d’une part, de la Commission de Bruxelles, d’autre part. Aucune réunion préparatoire des chefs de la diplomatie des 44 (?) pays conviés au sacre de l’UPM n’a été organisée et les chefs d’Etat et de gouvernement qui se rencontreront le 13 juillet à Paris auront pour seule mission celle de parapher le document qui donnera naissance à l’Union pour la Méditerranée, sans savoir autrement ce qu’il y a dedans. Quels objectifs sont assignés à ce nouveau-«né», de quels moyens (financiers, humains, organisationnels...) va-t-il être dotés, quand l’Union européenne prend déjà du recul par rapport au financement d’une Union qui risque de voir le jour sous de mauvaises étoiles. L’échec du Processus de Barcelone est là pour rappeler qu’il ne suffit pas de vouloir lorsque la volonté politique et les moyens financiers conséquents, sont absents. Par ailleurs, si «le Processus de Barcelone» - qui regroupait les seuls pays riverains de la Méditerranée - a échoué, on ne voit pas comment une organisation aussi lourde et hétérogène, que semble devoir l’être l’UPM, puisse réussir. Nonobstant le cas particulier que pose la présence d’Israël à cette organisation, c’est le vide structurel et politique de l’Union pour la Méditerranée qui fait problème et que les responsables algériens n’ont pas manqué de signifier à leurs interlocuteurs français. A quelques jours de la date fatidique du 13 juillet, rien de nouveau ou de symptomatique n’est venu éclairer la donne du projet UPM et plaider pour une présence au plus haut niveau de l’Algérie aux agapes de Paris.
N. KRIM
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