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Humiliations
24 Août 2008 Lu 886 fois
Bon on ne demande pas la Lune, mais juste ce petit plus qui aurait donné une tout autre image et dimension au sport en Algérie et justifié les sommes faramineuses allouées au sport - dans toutes ses disciplines - et aux sportifs algériens. Cela d’une part, sur le plan des résultats on ne peut plus décevants. D’autre part, l’Algérie était-elle devenue à ce point persona non grata, ou pestiférée, jusqu’à ne pas arriver à trouver des stades dignes de ce nom pour accueillir son équipe nationale? Enfin, pour pimenter le tout, voici le très mauvais feuilleton du RCK autour d’une aussi mauvaise prise en charge du problème. Tout cela reflète, en fait, l’indigence du sport en Algérie, l’incompétence, voire la gabegie des dirigeants sportifs algériens. L’un dans l’autre, cela donne cette image disgracieuse et inacceptable du sport algérien qui se traîne dans les profondeurs des classements internationaux, tous sports confondus. A Pékin, malgré les méritoires médailles en judo de Benyekhlef et Haddad, le gâchis est par trop apparent pour se hasarder à lui trouver une explication ou une excuse. Cela ne fonctionne plus et ne peut plus fonctionner. Il faut que chacun assume cet échec et si ce sont cela nos limites sportives, on ne voit pas ce que nous faisons avec ces sportifs de haut niveau qui ont toute l’apparence d’extraterrestres, lesquels ont pourtant la même figure humaine et le même sang que nos représentants. De grâce, arrêtons le massacre et ne nous adonnons pas à l’autoflagellation d’autant plus que cela coûte très cher à l’Etat. On sait que notre football est tombé dans le trente-sixième dessous, mais ce n’est certes pas une raison pour faire jouer notre équipe nationale sur des terrains tout juste bons pour des équipes de quartier. Cela a été le cas pour l’EN qui a évolué mercredi face aux Emirats arabes unis, sur un stade au Touquet (en France) indigne d’une équipe nationale qui se respecte et respecte ses couleurs. Comment se fait-il que des responsables du football national acceptent de faire évoluer l’équipe nationale sur un terrain vague, propre à tout ce que l’on veut, sauf à la pratique officielle du jeu à onze? Inacceptable. Enfin, il y a ce mauvais gag, qui nous plonge dans l’absurdité absolue, qu’est devenue l’affaire Khellidi - joueur du RCK, pourvu de vrais faux-papiers (carte d’identité et passeport) délivrés par des autorités tout ce qu’il y a d’officiel - qui pénalise aujourd’hui son club et sans doute demain l’ensemble du football algérien qui risque d’en être déstabilisé. Et cela par une prise en charge à tout le moins désinvolte de la part des instances du football national qui fait que l’affaire est devenue internationale avec l’injonction du Tribunal des sports de Lausanne (TAS) faite à la FAF d’intégrer le RCK dans ses droits, autrement dit, l’accession en D1. Est-il temps de se demander comment nous en sommes arrivés là? La FAF et la LNF (Ligue nationale de football) affirment avoir appliqué la réglementation en vigueur alors que dans ses recommandations, le TAS algérien qui se dit incompétent, renvoie le dossier à la FAF donnant implicitement raison au RCK. Voici donc le football plongé dans un imbroglio qu’il aurait pu facilement éviter. Le précédent de l’Amal de Bou Saâda - repêché l’an dernier pour évoluer en super D2 alors qu’il a été relégué - aurait dû mettre en garde les dirigeants du football et maintenir leur vigilance en éveil. Il est vrai, toutefois, que lorsque les politiques interfèrent dans le sport, les dégâts ne sont pas loin.
Karim MOHSEN
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