| |

La solution islamiste
15 Octobre 2008 Lu 2853 fois
L’Oncle Sam panique, l’Europe est craintive, le Japon a peur et la planète chavire. Dans tout ce vacarme, l’Algérie peut dormir paisiblement car les islamistes veillent au grain. Aux dernières nouvelles, ils auraient trouvé la racine du mal puisqu’ils se sont évertués, cette semaine, à expliquer un phénomène qui fait trembler les éminents spécialistes de ce monde. Un imam d’une mosquée aux Eucalyptus fait écho aux propos du numéro 2 du FIS dissous, Ali Benhadj, et diffuse la nouvelle selon laquelle la crise financière mondiale n’est autre qu’une conséquence de la riba. Comme la riba est une pratique interdite en Islam, voilà donc punis tous ces banquiers imprudents et malintentionnés qui croyaient faire dévier la nation musulmane du droit chemin. Pendant que le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs se soucie du nombre de minarets que doivent avoir nos mosquées, Benhadj et consorts diffusent à satiété, leurs discours dans ces même mosquées. On a assisté alors à une perception erronée d’un phénomène qui fait admettre que la crise financière est une punition de Dieu contre les mécréants. Face au vide, les islamistes travaillent la société en profondeur avec une incroyable efficacité. Il s’agit d’un autre glissement dangereux. On a cru vaincre les courants islamistes avec quelques portefeuilles ministériels et un discours conciliant, mais rien n’y fit. Quinze dures années de lutte contre le terrorisme et l’idéologie obscurantiste n’ont pas empêché un basculement presque généralisé vers le conservatisme. Le chevauchement des plaques tectoniques, les tsunamis sont toujours expliqués comme étant des punitions de Dieu. N’a-t-on pas fait croire aux Algériens à un miracle en inscrivant à l’aide du laser «Allah Akbar» dans le ciel au-dessus du stade du 5-Juillet en 1992? La nature a horreur du vide. Et le vide, c’est le discours islamiste qui le comble face à une absence totale de débats sur cette crise que les officiels algériens refusent de voir ou, tout au moins, d’expliquer aux Algériens. Nul besoin d’être un économiste avisé, un responsable éclairé ou une personnalité initiée pour constater qu’une peur induite par la crise financière, a saisi la planète entière. Le danger est réel et la crise est grave, si bien que le citoyen lambda risque du jour au lendemain d’être précipité au bord du gouffre. Mais entre le pouvoir algérien et les islamistes, il y a une histoire d’amour née avec l’indépendance du pays en 1962. De cette liaison dangereuse sont nés beaucoup de FIS dissous depuis, dans le corps social. Ce sont deux faces d’une même pièce. Parfois on explique les choses par la main de l’étranger et d’autres fois, par la punition de Dieu.
Brahim TAKHEROUBT
|
|