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L’Histoire doit témoigner!
16 Octobre 2008 Lu 1226 fois
Le 17 Octobre 1961 a été un fait d’armes déterminant dans la guerre de Libération nationale. Ce jour, les répressions de la police parisienne transformèrent les manifestations pacifiques de la communauté algérienne émigrée en France en véritables bains de sang. La France officielle avait, ce jour-là, privilégié la force au dialogue et refusait de comprendre ou prendre en compte ce que demandaient les «insurgés». Ces «contestataires», ce sont les émigrés algériens qui organisaient une manifestation pacifique à l’appel du FLN. Pour la France coloniale, cette manifestation sonnait en fait son glas, quant à ses prétentions à se maintenir dans un territoire ou soumettre sa population qui ne voulait pas d’elle. 67 ans après les massacres de Paris, les plaies restent vivaces et le temps n’est pas parvenu à totalement cicatriser les blessures. Et pour cause! La colonisation de l’Algérie est jalonnée de pages aussi sanglantes les unes que les autres, marquées par la farouche résistance d’un peuple qui n’a jamais renoncé à son indépendance. Lors des 124 années d’occupation, avant le 1er Novembre 1954, de nombreuses batailles suivies de massacres de la population n’ont fait que renforcer le refus qu’opposent les Algériens à la colonisation. Ainsi, des enfumades du Dahra en 1845 (massacre le 18 juin 1845 de 1000 Algériens de la tribu des Ouled Riah par les troupes du général Pélissier) au 17 octobre 1961 (massacre de manifestants algériens à Paris) - en passant par les batailles de Constantine (1836-1837), de Zaâtcha (de juillet à novembre 1849) les résistances des Ouled Sidi Cheikh (1864-1867) et d’El Mokrani (1871), l’insurrection de Souk Ahras (1870), la bataille de Laghouat (1852, avec le même général Pélissier à la tête de ses troupes sanguinaires) celles de Bouâmama (au début du XXe siècle) et les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata de 1945 - ces batailles traduisaient l’indomptable opposition des Algériens, lors desquelles des milliers d’entre eux trouvèrent la mort pour que l’Algérie vive libre. Aujourd’hui, au moment où l’on célèbre le 67e anniversaire des massacres de Paris - que d’aucuns n’hésitent plus à qualifier de crimes de guerre -, on constate qu’il n’existe toujours pas de véritables historiographies des Batailles d’Algérie. Elles ont été nombreuses, pourtant, dont la plus célèbre reste, certes, la Bataille d’Alger (de janvier à septembre 1957). L’Histoire n’a pas tout dit sur la colonisation et ses méfaits d’une part, comme restituer l’image d’un peuple qui lutta durant plus d’un siècle - en tenant tête à l’une des plus puissantes armées des XIXe et XXe siècles - d’autre part. Ces faits d’armes des Algériens sont encore à inventorier, à dépoussiérer afin de réhabiliter ces pans importants de notre histoire et surtout donner aux générations d’aujourd’hui la vision de ce qu’ont été les luttes, au long de ces décades, du peuple algérien pour son indépendance, avec tout ce que cela a induit comme souffrances et pertes d’être chers. Mais les Algériens n’ont pas seulement lutté sur le territoire national, ils l’ont fait également au coeur de la France transformée en 7e Wilaya de la guerre de Libération nationale. L’Histoire doit en témoigner.
N. KRIM
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