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L’Opep peut-elle nous sauver?
25 Octobre 2008 Lu 806 fois
La décision de l’Opep prise hier à Vienne, de réduire sa production de 1,8 million de barils/jour réussira-t-elle à freiner la chute du prix du pétrole? Personne ne sait. Un signe cependant qui ne tend pas à l’optimisme nous vient des marchés de Londres et de New-York où le baril a dégringolé respectivement à 61 et 63 dollars le baril juste après l’annonce de l’Opep. Une «réponse» qui se passe de commentaires. En ce sens, M.Chakib Khelil, président de l’Opep, a eu raison d’avertir que «si une nouvelle décision doit être prise, elle le sera et nous n’attendrons pas forcément la réunion d’Oran (prévue pour le 17 décembre prochain)». Car, et comme tout le monde a pu le constater depuis un certain temps, le prix du baril ne s’inscrit plus dans la seule logique de l’offre et de la demande. Il faudra peut-être une baisse beaucoup plus drastique que celle décidée à Vienne pour maintenir le prix du baril dans les limites raisonnables pour tout le monde: producteurs et consommateurs. Une baisse apte à contrer le jeu de la spéculation. Un jeu qui consiste à dérégler le système financier international pour entraîner le monde vers une récession durable et donc débouchant fatalement vers une baisse réelle de la demande en énergie. C’est à une course contre le temps que doit faire face l’Opep. Toute baisse de production n’aura d’effets qui si elle est prise à temps (c’est-à-dire avant que ne s’installe réellement la récession) et en quantité décisive. Il est à craindre que les pays producteurs, en procédant par petites touches, ne soient en train de perdre un temps précieux. Certes, il leur faut tenir compte du porte-monnaie des consommateurs. Et aussi des réactions des pays riches dont la plus «menaçante» est venue du Britannique Gordon Brown. Il faut y ajouter que les pays de l’Opep ne représentent qu’un peu plus de 40% de la production mondiale de brut. Ce qui veut dire qu’ils n’ont aucune prise sur les 60% restants. A plusieurs reprises, M.Chakib Khelil a eu à exhorter des pays hors Opep comme la Russie, la Norvège ou le Mexique à apporter leur concours à la régulation du marché. Cela fait beaucoup de paramètres qui rendent le problème très complexe et la solution idoine difficile à trouver. Là est le défi qui se pose aux pays producteurs conduits par l’Algérie. Comme on le voit, la partie est rude et l’issue incertaine. Doit-on pour autant nous croiser les bras et passer notre temps à scruter l’horizon? Bien sûr que non! Il nous faut soutenir, encourager les efforts de Chakib Khelil et de ses pairs au sein de l’Opep en espérant qu’ils sortiront vainqueurs du bras de fer, tout en oeuvrant en parallèle, à refonder notre économie qui repose (dangereusement) actuellement uniquement sur les recettes pétrolières. C’est Jules Renard qui a dit: «Au travail, le plus difficile, c’est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul.»: Et c’est Giscard d’Estaing qui a dit: «Ils ont le pétrole alors que nous, nous avons les idées.» Le tout, pour nous, est de savoir auquel des deux, nous voulons donner raison?
Zouhir MEBARKI
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