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Les racines du mal
03 Janvier 2009 Lu 2289 fois
L’affaire du drapeau français accroché au niveau du lycée Okba, à Alger, par des adolescents est un acte gravement symptomatique. Les gamins qui l’ont commis n’en sont pas totalement responsables. Par leur âge. Par leur ignorance de la valeur d’un symbole d’un Etat. Pourquoi? Parce qu’on a «oublié» de leur enseigner leur histoire. D’où ils viennent. Un jeune qui ne sait rien de la condition de colonisé peut facilement succomber aux charmes de son ancien occupant, «à la colonisation civilisatrice.» Et quand on ne sait pas d’où l’on vient, il est bien difficile de savoir où l’on doit aller pour ne pas tomber dans la gueule du loup. Voilà 46 ans que l’on parle de manière récurrente de l’écriture de notre histoire, sans avoir jamais réussi à le faire. Moins pour des raisons politiques que de considérations d’égo. Certains pourront évoquer les points noirs qui émaillent cette mémoire collective. Quel est le peuple dont l’histoire n’est pas truffée? L’objectivité dans l’écriture de l’histoire n’est qu’utopie et sous-développement intellectuel. Chaque pays écrit son histoire officielle selon les intérêts supérieurs de sa nation. Bien sûr, si on laisse, comme on le fait, le terrain libre, il est clair que les étrangers auraient bien tort de ne pas l’occuper. Comme ils le font d’ailleurs. La seule histoire dont disposent nos jeunes est celle écrite précisément par les étrangers. Par nos anciens occupants. Pourquoi voulez-vous qu’ils nous fassent le cadeau de dire la vérité? Ils n’ont le souci que de leur vérité à eux. En jurant par tous les dieux qu’ils le font en toute objectivité. Tant qu’on ne prendra pas en charge l’écriture de notre histoire et son enseignement à nos enfants, il faudra nous attendre à d’autres «lycées Okba». A cette condition fondamentale s’ajoute une autre non moins importante: lutter de toutes nos forces contre la corruption. C’est un fléau aux dégâts multiples qui vont de la perte de la confiance vis-à-vis de l’Etat jusqu’à l’acte de trahison suprême, même quand ils procèdent d’une totale inconscience. Enfin et pour remplir ces deux conditions, il ne faut surtout pas se laisser enfermer dans des concepts handicapants tels les droits de l’homme ou l’abolition de la peine de mort qui nécessitent un développement culturel que nous n’avons pas encore atteint, il faut avoir le courage de se l’avouer. Le geste des adolescents hissant le drapeau français en terre algérienne est un «avertissement» qu’il faut prendre très au sérieux. Pris à son tout début, il n’a rien de dramatique. Faire comme si de rien n’était, ces serait favoriser des métastases que rien ne pourra arrêter.
Zouhir MEBARKI
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