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Ombres sur la Maison olympique
07 Mai 2009
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On savait le sport algérien malade, mais maintenant cela commence à faire mal quand le virus déteint sur la Maison olympique. Quand c’est le Saint des Saints, le COA, gardien de l’éthique du sport en Algérie, qui est touché par cette gangrène, il faut savoir dire: halte! Tout en regrettant les démêlés auxquels fait face le sport algérien, on pouvait estimer que le Comité olympique algérien (COA) se trouve au-dessus de la mêlée et, dès lors, épargné par les scandales qui ont secoué, qui secouent encore, nombre de fédérations sportives et non des moindres, qui se sont exposées à des avertissements sans frais, de la part des instances sportives internationales. Le désordre dans lequel se meut le sport algérien depuis de nombreuses années interpelle aujourd’hui les autorités compétentes qui se doivent d’assumer leurs responsabilités face aux dérives qui mettent en porte-à-faux le sport algérien de moins en moins compétitif et crédible au plan international. C’est aujourd’hui une réalité: le sport en Algérie va mal, pourri par les apparatchiks, les «nouveaux riches» et apprentis sorciers de tout bord. Trop, c’est trop! Et la dernière bataille autour du fauteuil «d’Olympie» est assurément la bataille de trop qui met à nu les manoeuvres et autres turpitudes dont est victime le sport algérien qui a atteint son trente-sixième dessous. Après les clubs - où l’on se bat comme des chiffonniers pour les postes de responsabilité - et les fédérations, qui nous donnent un exemple exécrable de la gestion en matière de sport, voilà le COA qui, à son tour, est convoité par des hommes qui n’ont assurément pas leur place sur un aussi haut piédestal. Au point de faire intervenir le comte Jacques Rogue, président du Comité international olympique (CIO), qui a envoyé une lettre au ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, lui faisant part de ses préoccupations au regard des récentes mesures prises par le Comité national olympique algérien (COA), l’amenant à dire que le «manquement du COA à respecter les règlements du CIO pourrait conduire à la suspension de l’Algérie de toutes les compétitions internationales». Le gâchis! Comment en sommes-nous arrivés là? Mais est-il encore temps de se poser une telle question alors que la sonnette d’alarme a été tirée à plusieurs reprises, quant aux dérives des clubs et des fédérations qui mettaient à mal la crédibilité du sport algérien où les questions de personnes et de préséance ont pris le pas sur les problèmes de management et de promotion du sport. Aujourd’hui, c’est tout le mouvement sportif national qui est ébranlé par les désordres qui marquent, toutes disciplines confondues, le sport algérien. Il est question, outre d’un décret ministériel, venu mal à propos, indique-t-on - qui aura déstabilisé les fédérations nationales - mais aussi, sans doute surtout, de compétence et de probité des hommes qui conduisent, ou sont appelés à conduire, les affaires du sport algérien. La confusion et l’opacité qui entourent la gestion des clubs et des fédérations (cf. l’affaire du RC Kouba, traitée par un tribunal de sport international) font suspendre une épée de Damoclès sur la tête de plusieurs fédérations menacées de suspension par les instances mères internationales. Ce qui ne s’est jamais vu! Même si une telle suspension du COA n’est pas envisageable pour le moment, il n’en reste pas moins qu’un tel cas de figure aura des retombées redoutables sur le sport algérien et particulièrement sur le football. Personne n’ose imaginer un tel scénario. Aussi, est-il plus que temps de crever l’abcès pour remettre les choses à l’endroit au plus grand profit du sport algérien - qui n’a cessé de régresser ces dernières années - qui ne parvient plus à maintenir une présence, même symbolique, dans les compétitions internationales. Plus que jamais, les vrais sportifs, comme l’ont fait les anciens champions olympiques, doivent s’impliquer face aux dérives qui menacent la survie du sport en Algérie.

Karim MOHSEN

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