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L’OMC et les «comptoirs phéniciens»
11 Mai 2009 Lu 524 fois
De tous les secteurs de notre économie, hors hydrocarbures, bien sûr, il en est un et un seul qui se porte à merveille. Mieux, il verse dans «l’embonpoint». Devinez lequel! Non ce n’est ni celui de la pêche ni celui du tourisme. Ce n’est pas non plus celui de l’artisanat. Ce n’est pas encore l’agriculture qui est simplement en phase de relance. Ni l’industrie qui n’en finit pas d’affiner sa stratégie. Allez, on ne vous fait pas languir plus longtemps: c’est le commerce extérieur! Précision indispensable tout de même, pas dans ses deux volets. Uniquement celui de l’importation. Tellement développé qu’on se croirait projetés à l’époque des comptoirs phéniciens. On importe tout et n’importe quoi. Près de 26.000 sociétés dont 90% activent exclusivement dans l’importation ont été recensées par le Centre du registre du commerce en 2008. Près de la moitié sont concentrées dans la capitale. D’ailleurs pour ceux qui observent bien, la rade d’Alger ressemble depuis plusieurs semaines aux parkings de la ville, où, trouver une place relève du miracle. Des dizaines de bateaux qui se «dorent» au soleil pour mieux se «beurrer» de surestaries. On allait dire de «caviar» tant ces surestaries saignent le Trésor public en devises. Il était temps que notre ministre du Commerce aille secouer le cocotier et annonce des mesures de remise en ordre. Comme le suivi en temps réel des opérations d’importation. Ou la lutte contre l’importation des produits contrefaits. Le monde de l’importation chez nous n’a rien à voir, par le nombre des acteurs, avec une quelconque «ruche» féconde. C’est beaucoup plus l’image de «mouches» attirées par le «miel» qui est la plus juste. Un «miel» de près de 40 milliards de dollars déboursés chaque année par l’Etat pour régler la facture des importations. Oui, il était temps que notre ministre du Commerce décide de «siffler» la fin de la récréation. Qu’il prenne le balai et le chiffon pour débarrasser notre commerce extérieur de toutes ses impuretés qui empêchent de voir clair. Il lui faudra aussi des «produits» spéciaux pour éliminer tous ces cris «d’inquiétude» qui s’élèvent contre la condition faite aux sociétés commerciales étrangères «d’algérianiser» 30% de leur capital avant le 1er janvier 2010. Des cris au nom de l’économie de marché. Au nom de l’adhésion à l’OMC. Au nom de tout ce qu’on voudra mais, une chose est sûre: dans tous les pays du monde, l’Etat régule le commerce extérieur. Il protège ses consommateurs tout autant que sa production nationale. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Pour reprendre le célèbre coup de gueule du président Ben Bella en 1963: «L’embonpoint» pris par l’importation dans notre pays a besoin d’une sérieuse «cure d’amaigrissement». Pour notre santé. Pour nos finances. Et agir à l’inverse pour l’investissement productif qui, malheureusement, ne connaît aucun embouteillage. Sauf que pour en finir avec les coups d’éclat sans lendemain, il nous faut des «diététiciens» de très haut niveau tant au commerce qu’à l’industrie. Sans quoi les «Phéniciens» chassés par la porte, reviendront par la fenêtre.
Zouhir MEBARKI
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