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On ne peut pas être tout le temps riches
08 Novembre 2009
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Les ministres défilent ces derniers jours, les uns après les autres devant la commission des finances de l’APN, mais la procédure est loin d’être banale, comme ce fut le cas lors des années précédentes. Le président de la République entend imposer une discipline de fer pour rationaliser les dépenses de l’Etat. Décision est prise de ne pas dépasser les dépenses d’équipement de plus de 15% pour chaque projet. Le budget de 2010 sera ainsi celui du premier exercice pendant lequel cette nouvelle méthode sera mise à l’épreuve. Ce sera en quelque sorte une répétition générale pour aboutir à un réglage parfait de la machine, si tant est que cette perfection puisse être atteinte un jour.
Le message au gouvernement est clair: ce n’est pas parce que les caisses de l’Etat sont pleines, qu’il faut prendre des libertés avec les deniers publics. Car les divers responsables en charge de chantiers importants seraient tentés par la facilité, consistant à demander et à redemander des sous en plus avant de voir les projets livrés aux citoyens. Des hauts responsables de l’Etat admettent qu’un contexte d’aisance financière n’est guère propice pour engager des réformes, encore moins à faire des économies. En même temps, il y a une conscience grandissante sur le fait que les réserves du pays peuvent fondre comme neige au soleil en quelques années si une gestion prudente n’est pas appliquée.
Ce n’est pas qu’au niveau interne que ce genre de recommandations est préconisé. Il n’a pas échappé à une délégation du FMI qui se trouvait la semaine dernière à Alger, que le pays est loin d’être un exemple dans la rationalisation des dépenses. C’est une voie incontournable si les gestionnaires des finances publiques veulent éviter au pays le recours à l’endettement. Le renoncement à un certain nombre de projets est déjà au programme suite au recul des revenus des exportations des hydrocarbures. Optimiser les financements disponibles est donc loin d’être un luxe ou une mode passagère. Il y va même de la sécurité de la nation. Car, au train où vont les choses, les risques sont grands de se retrouver face à une raréfaction des ressources au point de ne plus être en mesure de financer, ne serait-ce que l’importation des produits de première nécessité. Le cas peut paraître extrême, pourtant, celui qui n’aurait pas la mémoire courte pourrait se rendre compte que ce n’est pas, non plus, un scénario juste bon pour un film de science-fiction.
Alors l’action de s’atteler en 2010 à une tâche qui aurait dû être entamée depuis plusieurs années suppose que celle-ci devra au moins être créditée du mérite d’avoir mis le doigt sur un réel problème. Mais est-ce bien suffisant? Accompagner la mesure par une réduction du train de vie de l’Etat serait tout aussi bien vu par la population. Alors pourquoi ne pas faire les deux choses à la fois?

Ahmed MESBAH

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