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Les pétrodollars peuvent-ils acheter les consciences?

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Lors d'une réunion de la Ligue arabe à la fin de 2015, le Liban avait refusé de voter une condamnation du Hezbollah libanais, Beyrouth le justifiant, à raison, par la préservation de la stabilité du pays. La semaine dernière, l'Egypte avait «mal voté» au Conseil de sécurité. Dans les deux cas, ces deux pays auraient commis (?) un affront à leur «bienfaiteur» saoudien, Riyadh prenant très mal ces positions souveraines des deux pays. Ainsi, concernant le Liban, Riyadh retire (en février dernier) son aide financière de 3 milliards de dollars [destinés au financement de la vente d'armes par la France au profit de l'armée libanaise]; contre Le Caire, la sanction tombe immédiatement: l'Arabie suspend l'envoi de 700 000 tonnes de produits pétroliers dûment payés par l'Egypte. Dans l'un et dans l'autre cas, Riyadh a usé de l'intimidation contre des pays qui estimaient de leur droit relevant de leur souveraineté de faire des choix politiques en conformité avec leurs intérêts nationaux, que leurs contrats avec l'Arabie saoudite ne sauraient supposer leur soumission ou son interférence dans leur positionnement politique. Or, c'est bien ainsi que l'entendait l'Arabie saoudite qui qualifia le soutien de l'Egypte à la résolution de la Russie sur la Syrie d'«initiative douloureuse» exprimée par son ambassadeur auprès des Nations unies, Abdallah Yahya Al-Mouallimi. Nous citons ici les exemples les plus probants du Liban et de l'Egypte - il y en a eu d'autres - où l'Arabie saoudite est surprise à faire du chantage politique et économique à ses partenaires, singulièrement arabes. Et c'est ce que comprenait Riyadh qui, contre son aide, exige une soumission [politique} totale, même si celle-ci pourrait aller à l'encontre des intérêts nationaux de ses partenaires ou met en danger leur stabilité et leur sécurité. En fait, le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir, est très explicite qui y est allé sans détours après le refus libanais de condamner le Hezbollah, déclarant tout de go: «Êtes-vous avec nous ou contre nous? Vous ne pouvez être à la fois avec et contre nous.» C'est clair, dans l'esprit de Riyadh, son argent achète [ou devait acheter] les consciences de ses partenaires, ces derniers devant s'inféoder aux seuls intérêts saoudiens. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui sait quelque chose des contraintes imposées aux pays en difficulté économique a ainsi déclaré désabusé: «Si l'on veut une véritable souveraineté dans les prises de décision, il faut savoir que les nations qui sont souveraines dans leurs décisions souffrent, elles souffrent beaucoup.» Et sans doute continueront à souffrir tant que des pays tels que l'Arabie saoudite, usent sans vergogne de leur pouvoir [stratégique, financier, économique...] pour imposer leur diktat et une coopération à sens unique. Depuis quatre décennies, forte de sa puissance pétrolière, l'Arabie saoudite avait manipulé les prix du pétrole [à la baisse] à son seul profit et à celui de ses commanditaires états-uniens notamment. Le surplus d'argent qu'elle retire du pétrole lui a servi à corrompre des hommes politiques, voire des pays [l'ONU n'y a pas échappé qui, sous la pression de Riyadh, a dû retirer l'Arabie saoudite de la liste des pays responsables de morts d'enfants. Ce qui fit dire à un Ban Ki-moon confus, dans une franchise inédite, «C'est l'une des décisions les plus douloureuses et les plus difficiles que j'ai eues à prendre»]; à exporter le wahhabisme - intégrisme rétrograde - à travers le monde; à financer des groupes jihadistes (lesquels sévissent dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie, notamment en Afghanistan, en Syrie, au Nigeria...) contribuant à déstabiliser les pays arabes et musulmans, y allumant les feux de la fitna. Les exemples de ces aides très intéressées saoudiennes - surtout si l'on ajoute que Riyadh se pose en bienfaiteur de l'humanité en général, des musulmans en particulier - ont été mortifères pour ceux qui les acceptent. La stratégie de la tension a été, ces dernières années, le modus operandi de l'Arabie saoudite, un royaume aux pieds d'argile qui ne survit que grâce à ses immenses richesses pétrolières - mises au service de l'impérialisme mondial - et au soutien multiforme que les Etats-Unis accordent au trône wahhabite des Al Saoud. Mais la roue tourne et l'Arabie saoudite est devenue de plus en plus encombrante même pour ses «amis» les mieux intentionnés. Ce ne sont pas ses crimes au Yémen, qui vont changer la donne. Bien au contraire!

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