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L'étrange dérapage de l'émissaire de l'ONU

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Les Nations unies sont-elles rationnelles ou ont-elles un sérieux manque de lucidité? Sans doute les deux. On n'est pas loin de le conjecturer au regard de la dernière sortie de l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui propose à Damas un plan biscornu à propos d'Alep. Il demande, carrément, au gouvernement syrien de reconnaître aux rebelles une «administration autonome» sur Alep-Est. Ainsi, l'ONU prie Damas d'abandonner sa souveraineté sur une partie de son territoire. Rien que ça! A quoi s'attendait M. de Mistura? Qu'il soit congratulé par les dirigeants syriens? Aussi, c'est sans surprise que Damas opposa un rejet ferme d'un plan qui, outre d'encourager la rébellion contre un gouvernement légal - à défaut d'être démocrate - conforte le terrorisme. C'est là un étrange dérapage du représentant de l'ONU. A moins que celui-ci n'agisse en accord avec le point de vue de l'Occident qui, en plus de soutenir la rébellion, tente depuis près de six ans de renverser le régime syrien par rebelles et terroristes interposés, quitte à se battre jusqu'au dernier Syrien. C'est ce qui se passe à Alep-Est. La guerre suscitée et soutenue par l'Occident a déjà induit un nombre outré de victimes en Syrie [300 000 morts selon les chiffres de l'ONU]. Or, être partie prenante dans un conflit n'est pas, nous semble-t-il, la raison d'être de l'ONU, dont la mission essentielle reste d'aider les gouvernements à dépasser leurs antagonismes et les assister à trouver des solutions. Ce ne serait pas le cas avec la Syrie? Staffan de Mistura n'est pas venu (samedi) à Damas pour proposer au gouvernement syrien une nouvelle date de négociation avec les rebelles, ou comment les «aider» à quitter la ville martyre, mais suggéra de reconnaître une «administration autonome» rebelle. Le comble! Ce qui fit dire au chef de la diplomatie syrienne, Walid al-Mouallem «comment est-il possible que l'ONU vienne récompenser les terroristes?» et précise «nous lui avons dit [à de Mistura, Ndlr] que nous étions d'accord sur la nécessité que les terroristes sortent de l'est d'Alep (...) mais qu'il n'était pas possible que 275 000 de nos citoyens (...) restent otages de 5000, 6000, 7000 hommes armés» (...) et d'ajouter «le plus tôt ils (les rebelles) quitteraient (Alep) -et nous leur garantissons qu'ils choisissent leur destination-, le plus tôt ils épargneront de la souffrance aux habitants». C'est la logique même, la position de Damas est inattaquable, nonobstant les amalgames qui entourent le conflit. Quel gouvernement dans le monde - surtout ceux de ladite «coalition» antijihadiste, dirigée par les Etats-Unis - accepterait de céder face aux terroristes ou les gratifier en leur accordant l'autonomie? Dit autrement, l'émissaire onusien, réclame au gouvernement syrien de plier face aux oukases des rebelles et du terrorisme. Il aurait été plus sain que l'ONU dise comment aider les rebelles et les jihadistes à quitter Alep-Est, et non pas inciter le régime à leur reconnaître une «autonomie». Il y a quatre ans (en septembre 2012, au début du conflit) le rapporteur de l'ONU, Paulo Pinheiro, chef des enquêteurs en Syrie, déclarait devant le Conseil de sécurité que «des extrémistes islamistes se trouvent en Syrie, où ils agissent aux côtés des rebelles ou de manière indépendante». M.Pinheiro précisa par ailleurs: «Il existe des indices raisonnables qui permettent de croire que les forces antigouvernementales dans ce pays perpètrent des assassinats, des exécutions extrajudiciaires et des tortures.» En 2012, M. Pinheiro, dénonçait déjà, l'utilisation par les terroristes et les forces antigouvernementales d'enfants et des adolescents. Paulo Pinheiro, indiquait en outre que les membres des groupes armés qui cherchent à renverser le gouvernement syrien ne portent ni uniformes ni insignes permettant de les distinguer de la population civile. En 2016, ces enfants originaires d'Europe - dont nombre d'entre eux sont revenus et/ou vont revenir après la débâcle de Daesh en Irak et en Syrie - menacent et inquiètent l'Europe. Une Europe qui, en aidant la rébellion (associée aux groupes jihadistes) a été pour beaucoup dans la prolongation du conflit et l'émergence d'une branche européenne du jihadisme. Qu'en conclure? L'ONU, dont la dépendance aux grandes puissances est factuelle, a largement montré ses limites, impuissante [pas incapable, car avec des moyens adéquats et une indépendance avérée, vis-à-vis des détenteurs du droit de veto, elle aurait été l'outil approprié en relation avec les conflits dans le monde] à apporter le plus attendu d'elle. Dans le cas de la Syrie, l'ONU a fait naufrage. Quand l'ONU donne l'impression d'inciter au terrorisme, quand elle est inapte à recadrer des chefs d'Etat (Obama et Hollande notamment) qui demandent le départ d'un de leurs pairs (al-Assad) la question se pose avec plus d'acuité: à quoi sert l'ONU?

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