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Amar, El Ankis, El Hachemi et les autres...

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Et les autres! On aura beau égrener à l'infini les noms des maîtres du chaâbi, on restera toujours loin du compte. On ne redécouvre les cheikhs et maîtres du chaâbi que le jour de leur départ d'ici-bas pour leur tresser des hommages à rebours. Hassan El Hassani (Boubagra) avait une fois pour toutes retourné le couteau dans la plaie: «De son vivant, il avait envie d'une datte, à sa mort on dépose un régime sur sa tombe.» C'est le sort commun des artistes algériens, ignorés de leur vivant, encensés une fois disparus. Mercredi dernier, c'était cheikh Amar Ezzahi de nous quitter prolongeant une liste d'hommes et de femmes disparus, souvent dans l'anonymat, qui ont consacré leur vie à la promotion du patrimoine culturel algérien. Ezzahi rejoint Boudjemaâ El Ankis, El Hachemi Guerrouabi, Mohamed El Badji et, last but not least, la référence entre tous, le «Cardinal» Cheikh El Hadj M'Hamed El Anka. Ainsi, au fil des ans, le chaâbi algérien voit disparaître ses plus illustres interprètes, laissant un vide que la relève n'est pas arrivée à combler. C'est une vérité que l'on ne veut pas admettre, il est patent que le chaâbi s'appauvrit et ne trouve plus de leader capable de dynamiser la pratique et perpétuer une tradition qui débuta à la fin du XIXe siècle avec les cheikhs Nador (Mustapha Saidji, né en 1874), Derwiche, Said El Hassar... Cheikh Nador a été l'un des maîtres de M'Hamed El Anka, un élève surdoué qui surpassa le maître au début du XXe siècle. Toute la différence est là: au déclin des cheikhs, au siècle dernier, des jeunes talentueux étaient prêts à prendre à leur compte la continuité du genre. Dans Alger, coeur et âme du chaâbi, celui-ci a trouvé son réceptacle dans des icônes qui l'ont élevé à la dimension d'un genre musical telle la musique classique algérienne (l'andalou et ses écoles d'Alger, Tlemcen et Constantine). Le chaâbi puisait aux mêmes sources que la çanaâ, le gharnata et le malouf. C'était effectivement la grande époque du chaâbi où plusieurs icônes se côtoyaient, tels Hadj M'Rizek, Hadj M'Hamed El Anka (bien sûr), Si Saïd Larbi... La dimension spatio-temporelle du chaâbi [l'ancien] s'exprimait au mythique café «Malakoff» dont on peut encore voir les murs aux pieds de la Casbah. C'est là qu'une pléiade d'artistes naquit autour des cheikhs bousculant leurs précurseurs, assurant le renouvellement du genre. C'est ce foisonnement qui donna aux maîtres de se surpasser - afin de ne pas se laisser déborder par la jeune génération - créant une émulation sans pareille. Aux côtés de Hadj M'Hamed El Anka, il y avait Hadj Marocaine, Mohamed Zerbout qui mourut en 1983 dans le dénuement et l'anonymat, Omar Mekrasa le rigoureux, Hadj H'Ssen Saïd, Dahmane El Harrachi et des jeunes de talent qui piaffaient derrière les maîtres: El Hachemi Guerouabi, Boudjemaâ El Ankis, Amar Ezzahi, Amar El Achab... qui donneront une autre dimension au chaâbi algérois. La génération post-indépendance des Chaou, Cherchem, Tamache - Kamel Messaoudi brisé dans son envol - traduit une transition qui tarda à s'imposer. Il est évident qu'on ne peut en quelques lignes dire le chaâbi algérois, tout le chaâbi algérois. Cependant, le chaâbi n'est plus l'apanage de la seule Alger, contrairement à ce que l'on pouvait supposer. D'autres places fortes, Mostaganem, Koléa, Skikda, Béjaïa ont donné au patrimoine musical populaire quelques-uns de ses plus prestigieux interprètes à l'image de Maâzouz Bouadjadj, Hadj M'Hamed Bourahla, Youssef Abdjaoui... Pour dire qu'aujourd'hui le chaâbi n'est plus un genre exclusivement algérois et essaime dans toutes les régions du pays. C'est l'héritage que laissent Amar Ezzahi, El Ankis, El Hachemi et les autres, avec la certitude que le chaâbi leur survivra. Comme l'ont fait leurs devanciers, il y aura toujours des artistes qui sauront saisir le témoin pour perpétuer le genre.

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