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Moscou se prépare au pire

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Guerre nucléaire? Le président russe a clarifié hier, devant 1500 journalistes, au cours de sa conférence de presse annuelle, les propos qu'il avait tenus la veille devant ses généraux sur sa décision de «renforcer la force de frappe nucléaire russe». Si Vladimir Poutine a tenu à préciser sa pensée, cela est dû à l'interprétation donnée à ses déclarations par les médias internationaux. Tous se sont précipités à mettre ce «renforcement» sur le compte d'une menace américaine sur la Russie. Le tweet de Donald Trump de jeudi dernier, juste après la première intervention de Poutine, annonçant qu'il comptait lui aussi «étendre le potentiel nucléaire des Etats-Unis», a été mis à profit par ces mêmes médias pour conforter l'idée d'une escalade russo-américaine. Ce qui n'est pas tout à fait vrai. D'où l'exigence de clarification de Poutine. Pour comprendre, il faut reprendre les termes exacts employés par les deux dirigeants, Poutine et Trump. Voilà ce que Poutine a dit à ses généraux: «Il faut renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, avant tout à l'aide de systèmes de missiles capables de garantir le franchissement des systèmes de défense, antimissiles existants ou à venir.» Quand on sait que les systèmes de défense antimissiles dont parle Poutine s'étendent au-delà du territoire américain, notamment en Europe, mais pas seulement, on comprend très vite la pensée du président russe. Surtout lorsqu'il ajoute que le but du renforcement de systèmes de missiles qu'il a décidé est d'être «capables de garantir le franchissement des systèmes de défense antimissiles» et il ajoute «existants ou à venir». On voit bien qu'il ne se confine pas uniquement sur les terres de l'Oncle Sam. Poutine, avec sa solide formation dans les services secrets, livre des discours «codés». En prenant une carte pour positionner les bases militaires russes dans le monde, il en est une dont personne ne parle. Il s'agit de la base aérienne de Hmeimin située dans la ville côtière de Lattaquié en Syrie. La reprise de la ville d'Alep par l'armée syrienne fortement aidée par la Russie et le soutien de l'Iran rebat toutes les cartes dans la région et notamment sur la question du Golan. L'ambassadeur russe en Turquie l'a payé de sa vie. Les cris lancés par son assassin le confirment. De plus, le transfert projeté du siège de l'ambassade américaine à Jérusalem qui ne signifierait rien d'autre que l'abandon de la solution de deux Etats plongerait le peuple palestinien dans le plus grand désespoir et le danger qui va avec. Parallèlement et après la défaite de Daesh en Syrie, en Irak, voire même en Libye, fait essaimer ses groupes jusqu'en Australie pour semer le chaos sur toute la planète et faire diversion. Il en faut plus pour égarer un homme comme Poutine. Il sait que les Etats-Unis ne sont pas les seuls à détenir l'arme nucléaire. Il sait d'où vient la menace!

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