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Palestine: le bout du tunnel?

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u nique dans les annales du Conseil de sécurité des Nations unies. Les Etats-Unis se sont abstenus lors du vote d'un projet de résolution sur les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Le projet a été adopté par 14 voix et une abstention (celle de Washington). Cette donne va [enfin] ouvrir de nouvelles perspectives pour le dossier israélo-palestinien en stand-by depuis 70 ans. Cela a été rendu possible du fait que, pour la première fois depuis 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU a pu mettre Israël face à ses responsabilités, lui demandant de cesser la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés, dans une résolution déterminante due à la décision de Washington de ne pas faire usage de son veto. Ce simple fait va changer la compréhension du contentieux israélo-palestinien. En conséquence, le Conseil de sécurité unanime a réitéré, vendredi soir, l'illégalité des colonies qu'Israël édifie à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées. De la même manière est ainsi affirmée la pertinence de la Ligne Verte, frontière entre Israël et le futur Etat de Palestine. Cela a été possible car, pour la première fois, les quinze membres du Conseil de sécurité ont tiré dans le même sens pour faire prévaloir le droit international qui est et doit rester au-dessus de tous. Ce qui n'a pas été le cas ces dernières années, alors qu'il était régulièrement piétiné par Israël et ses soutiens au Conseil de sécurité. Il aura suffi d'un peu de bon sens pour que les Etats-Unis jouent enfin leur rôle de grande puissance sans, pour autant, trahir leur amitié avec Israël. De fait, en agissant ainsi, les Etats-Unis aident l'Etat hébreu qui s'est enlisé ces dernières années dans son refus et sa fuite en avant, aidé il est vrai par la mansuétude et les complicités qu'il a trouvées au sein des administrations états-uniennes neutralisées par les lobbies pro-israéliens. Combien les choses peuvent devenir limpides et faciles lorsque chacun joue son rôle. Or, le conflit a été à dessein embrouillé par ceux qui ne veulent pas de la paix. Ce qu'illustre parfaitement, le dossier israélo-palestinien - le plus ancien conflit au monde - qui ne trouve pas de solution du fait de l'irrédentisme d'Israël qui veut la paix et la terre, rejetant l'offre des Palestiniens de la paix contre la terre. Ce qui est extraordinaire dans cette affaire, est que le vote a pu finalement avoir lieu du fait de quatre pays membres non-permanents du Conseil de sécurité - la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela - qui ont pris sur eux de faire aboutir le projet de résolution après la volte-face de l'Egypte [membre non-permanent du Conseil de sécurité], qui en a été à l'origine, qui a accepté de faire reporter le vote après l'intervention du président états-unien élu, Donald Trump auprès du raïs égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Il aura suffi de quelques flatteries et compliments de Trump qui lui a dit son «admiration» pour que al-Sissi, autorise le report du vote à une date ultérieure. Une opportunité perdue pour le président égyptien d'entrer dans l'histoire du Monde arabe. Ce sont donc quatre autres pays non-permanents du Conseil qui auront sauvé la mise en obtenant que le projet de résolution soit voté. C'était le moment ou jamais, surtout que depuis quelques jours, circulait, dans les couloirs de l'ONU, la rumeur selon laquelle Washington ne fera pas usage de son droit de veto. L'Egypte avait donc succombé au chant des sirènes alors qu'il s'agissait d'une question de vie et de mort pour les Palestiniens, qui aspirent à faire sortir leur dossier de l'ornière. Le seul pays arabe du Conseil de sécurité, rata de ce fait l'opportunité historique qui s'est offerte à lui de jouer un rôle essentiel, remettant au-devant de l'actualité la question palestinienne. Ce sont d'autres qui l'ont fait à sa place. Merci la Nouvelle-Zélande, merci la Malaisie, merci le Sénégal, merci le Venezuela qui ont fait, ce qu'il était du devoir de l'Egypte de réaliser en donnant enfin l'espoir aux Palestiniens de voir le bout du tunnel. Une autre leçon à méditer par un Monde arabe décidément hors de la réalité de notre monde.

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