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Qui connaît le Fsie?

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Faute avouée...Depuis une décennie une institution financière existe, chez nous, sans être connue du grand public. Même du moins grand. Et puis, subitement, hier, son DG, Mohamed Sennoun, a décidé de «sortir à l'air libre». Dans un entretien qu'il a accordé à l'APS, il porte à la connaissance de l'opinion qu'il dirige le Fonds de soutien à l'investissement pour l'emploi (Fsie). Que ce fonds a «été créé en 2005 pour offrir aux travailleurs un revenu complémentaire à la retraite». Plus clairement, il s'agit d'une épargne qui donne droit au travailleur qui y souscrit et après un certain nombre d'années de cotisations, à percevoir un pécule à son départ à la retraite. Un pécule distinct de sa pension de retraite classique. C'est un produit financier que le Fsie commercialise sous le nom de «Chhihti» (ma tirelire). En plus simple, le travailleur épargne durant les années où il est actif et ramasse la mise à sa retraite. Le DG donne deux exemples. Celui du travailleur âgé de 40 ans qui verse durant 20 ans une cotisation de 900 DA/mois touchera à sa retraite un peu plus de 46 millions de centimes. Il peut cotiser plus pour encaisser plus. Pour un plus jeune travailleur âgé de 25 ans et pour 1800 DA/mois, la «tirelire» qui lui sera versée sera de près de 300 millions de centimes au moment de sa retraite (60 ans). Ceci pour le volet social du fonds. Quant au volet financier, le Fsie fait fructifier les cotisations qu'il collecte de deux manières. Pour moitié par des prises de participation dans le capital des PME et pour moitié dans des titres du Trésor public. Sauf que: «Avec les réticences des entreprises familiales à ouvrir leur capital social, aucune prise de participation par le Fonds dans le capital de PME n'a eu lieu après huit ans d'exercice» précise le DG. C'est le début du chapelet de problèmes rencontrés par le Fonds. Il y a les banques qui ne jouent pas le jeu, ajoute-t-il. Sur une population active d'environ 12 millions de personnes (chiffre de l'ONS), le Fsie n'a «récolté» que 5000 souscripteurs (en dix ans) se désole le même DG. Pourquoi? Mohamed Sennoun commence par accuser «la longue durée» nécessaire pour casser la tirelire et fini par avouer le «manque de communication du Fsie». Ce qui est d'une franchise renversante. Mais 10 années après, peut-on dire qu'il n'est jamais trop tard pour...commencer? Il n'en reste pas moins que cette institution ne réunit pas les conditions de réussite. Calquée sur un concept canadien, elle aurait gagné à être «algérianisée» avant d'être lancée. Au moins pour le modèle familial des PME qui existe chez nous depuis l'avènement de notre économie dite libérale. Il n'y a qu'à voir le «dynamisme» de la Bourse d'Alger. Ensuite et c'est vrai, l'Algérien, dans sa culture, n'est pas très chaud pour les investissements de «longue durée» que semble découvrir Sennoun. Cette «sortie» de son DG sauvera-t-elle le Fsie? Pas si sûr!

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