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Le corbeau et le renard...

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Historique! Telle a été la réaction des commentateurs après le vote, vendredi soir, de la résolution 2334 par le Conseil de sécurité de l'ONU sur les colonies israéliennes. Cela n'est pas arrivé depuis 1979, la dernière fois où l'ONU condamna Israël. Or, il aura suffi de peu que cette victoire des Palestiniens soit remise en cause, si un quatuor de pays n'en décida pas autrement, en reprenant à son compte le projet de résolution déposé initialement par l'Egypte. Aussi, ce projet était-il [presque] mort-né, du fait que Le Caire accepta de reporter à une date ultérieure le vote du Conseil de sécurité. Pourquoi Le Caire est-il revenu sur une résolution fondamentale pour les Palestiniens? Simple! Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi accéda à la sollicitation du président élu états-unien, Donald Trump, [une intervention unique pour un président pas encore officiellement investi] lui demandant d'ajourner le vote sur les colonies israéliennes. Une opportunité capitale pour les Palestiniens a ainsi failli leur passer sous le nez du fait de l'ego d'un dirigeant arabe. On savait les dirigeants arabes très réceptifs à la flatterie et friands de compliments surtout lorsque ceux-ci sont le fait de puissants du monde. Alors quand c'est le président élu des Etats-Unis qui s'emploie à cet exercice c'est, pour ainsi dire, le nirvana. Au fait de la psychologie des dirigeants arabes, Donald Trump, n'a pas lésiné sur la glorification de son homologue égyptien. Le coup de fil de Trump à al-Sissi a été ainsi fructueux. M.Trump - qui ne cache pas ses penchants pro-israéliens, désigna un ami d'Israël, David Friedman, comme ambassadeur des Etats-Unis à Tel-Aviv - s'est suffi de faire l'éloge de Abdel Fattah al-Sissi et lui dire toute son «admiration», pour que ce dernier, au pinacle, accède illico à la requête du président élu, lequel piétina le domaine de son prédécesseur (Barack Obama) en poste jusqu'au 20 janvier. Voilà comment, en un tour de main, le destin des Palestiniens a failli basculer. Or, le moment était propice pour faire adopter une résolution condamnant Israël. En effet, le bruit courait à l'ONU que l'administration Obama - qui en 2011, stoppa un projet similaire sur la colonisation des territoires palestiniens - songeait à ne pas faire usage de son droit de veto. Or, un tel vote, permettait en outre de clarifier la donne israélo-palestinienne [figée depuis des décennies par les veto états-uniens]. Grâce à la magnanimité de M.al-Sissi, cette opportunité a été à un doigt d'échouer si ce n'est la célérité de membres du Conseil de sécurité [la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela] qui décidèrent de reprendre le projet et obtinrent qu'il passe au vote. La suite on la connaît: historique pour les Palestiniens. D'ailleurs, l'annonce du report du vote a été très mal prise par les Palestiniens. L'ambassadeur palestinien auprès de l'ONU, Riyad Mansour, ne cacha pas son dépit estimant que M. Trump «agissait au nom de Netanyahu». Il aura suffi pour cela que Trump encense le raïs égyptien pour que celui-ci lâche la proie pour l'ombre. C'est le sens même de la fable «Le Corbeau et le Renard». du Français Jean de La Fontaine. Comme quoi «tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute». Le président élu des Etats-Unis, l'a illustrée de manière magistrale aux débours de son homologue égyptien et surtout aux frais de la cause palestinienne. Donald Trump a parfaitement compris le caractère et la mentalité des dirigeants arabes [avides de louanges et de flatteries] pour manoeuvrer le dirigeant égyptien. Ce que sans doute il n'aurait pu obtenir autrement. Or, l'expansion coloniale, ce que rappela à juste titre, vendredi, le chef de la diplomatie états-unien, John Kerry, rendait toute négociation inutile. C'est encore la veulerie, un ego surdimensionné, la mégalomanie des dirigeants arabes qui rendent [ont rendu] possibles de telles arnaques, justifiant les interventions militaires étrangères dans le Monde arabe.

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