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Bouteflika, l'Islam et la crise financière

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Dérogation. Il n'est pas dans les habitudes du président Abdelaziz Bouteflika de verser dans l'alarmisme. Au contraire, on pouvait même lui reprocher d'avoir, souvent, voulu épargner son peuple en ne partageant pas avec lui ses inquiétudes. C'est pourquoi la gravité du ton de son message, lundi dernier, aux participants à la 18ème Semaine nationale du Coran prend tout son sens. Un message qui s'articule sur deux aspects (l'Islam et la patrie) liés au contexte géopolitique actuel. Après avoir cité abondamment des référents religieux (Coran et Sunna) qui démontrent que «la modération est la caractéristique singulière de notre sainte religion dans ses moindres détails». Que l'Islam est une religion de paix, de justice et d'équité. Que «L'effusion de sang des musulmans est un fait quotidien dans toutes les régions de notre nation arabo-musulmane». Pour toutes ces raisons, le chef de l'Etat lance un premier appel: «Je vous exhorte savants et avant-gardistes de la Oumma musulmane à oeuvrer à la défense de l'Islam qui est aujourd'hui, intentionnellement et injustement visé par certains milieux hostiles, au sein de sociétés qui ont peu de connaissances sur cette sainte religion». En fait et à travers les Algériens, le président Bouteflika s'adresse à l'ensemble des élites du Monde arabo-musulman. Il leur demande de sortir de leur passivité pour expliquer aux autres sociétés à travers le monde la vraie nature de l'Islam que des «laboratoires d'idées» s'évertuent à ternir son image. Il leur demande d'agir pour se démarquer de l'extrémisme et du rigorisme, de rejeter la violence et l'instrumentalisation de notre religion au nom de laquelle sont commis des crimes odieux. Oui, il suffit de relever que le terrorisme international fait plus de victimes parmi les musulmans et qu'il s'attaque aux mosquées pour comprendre que ce terrorisme cible l'Islam tout en s'en réclamant. Des «laboratoires» travaillent à maintenir ce paradoxe des paradoxes. L'autre aspect évoqué par le président de la République est contenu dans son deuxième appel. «Je voudrais vous exhorter, enfants de mon pays, érudits et hommes de religion, à orienter votre savoir, vos efforts et vos actions dans le sens d'une mobilisation de la part de notre vaillant peuple pour un saut national face à la crise financière mondiale et ses répercussions», a-t-il déclaré dans son message. Il s'agit carrément d'une demande à toutes les mosquées de s'engager dans la mobilisation des Algériens qui doivent, comme hier pour la libération du pays, resserrer les rangs dans l'épreuve financière que traverse l'Algérie au même titre que des pays développés. Les deux aspects sont liés. La guerre des religions se nourrit des difficultés économiques que traverse le monde. C'est pourquoi, la mosquée est plus que jamais appelée à s'impliquer totalement dans ce double combat. Le ton grave du président Bouteflika ne laisse aucun doute, il y a urgence!

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