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Le terrorisme "ouvre" 2017 en Turquie

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Mauvais signal. C'est à Istanbul que le terrorisme a choisi de frapper au premier jour de la nouvelle année. Juste après les douze coups de minuit, hier, un attentat a ciblé une discothèque située sur le bord du Bosphore faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés. Cela s'est passé alors que le Conseil de sécurité de l'ONU venait d'adopter, la veille, une résolution soutenant l'accord russo-turc de cessez-le-feu en Syrie entré en vigueur jeudi dernier. Il est trop tôt pour établir formellement un lien entre cet accord et l'attentat, mais il est certain que la paix en Syrie n'arrange pas le groupe terroriste Daesh. Ni même les Kurdes. Ni même Israël son allié. Ankara semble être plongée dans une extraordinaire improvisation. Ou à tout le moins dans des changements de position sans aucune stratégie à long terme. Confrontée à une sévère crise interne, la Turquie semble ne plus savoir où donner de la tête. Alors que tout le monde sait qu'elle considère les Kurdes comme ses pires ennemis, le président turc, Erdogan, a, contre toute attente, décidé de se réconcilier avec Israël qui se trouve être le principal allié des Kurdes. D'ailleurs, que ce soit en Irak ou en Syrie, les Kurdes ont pris une place importante dans la lutte contre les groupes terroristes de Daesh. En contrepartie de quoi, ils ont pour objectif d'occuper une partie du territoire irakien et une autre en Syrie. Pour former une zone tampon qui arrangerait bien l'Etat hébreu. Il y a fort à parier que nous sommes en présence du prochain conflit dans cette région une fois que Daesh en sera chassé. Outre ce mauvais calcul de rapprochement avec Israël, la Turquie était contre la Russie à cause de son soutien au gouvernement syrien. Au point de n'avoir pas hésité à abattre un avion russe intervenant en Syrie. Subitement, Erdogan fait volte-face et se «rabiboche» avec Moscou avec qui il vient de signer un accord de cessez-le-feu en Syrie. Un accord qui dévoile publiquement le jeu qu'entretenait Ankara avec les rebelles syriens. On sait aussi que les relations turques avec l'Europe se sont sérieusement dégradées depuis l'épisode des réfugiés. On sait aussi qu'avec les Etats-Unis qui refusent d'extrader l'opposant turc Gulen, cela ne va guère mieux. Résumons: Erdogan n'a plus la cote avec les USA, il est en brouille avec l'Europe alors que ses ennemis, les Kurdes, prennent du poids à ses frontières avec le soutien d'Israël. Ce qui explique pourquoi Erdogan s'est jeté dans les bras de Poutine, pourquoi il a accepté de prendre langue avec Bachar al Assad et pourquoi il fait taire les armes des rebelles syriens. Sur le front intérieur, la situation n'est guère mieux avec une fracture sans précédent de la société turque depuis les centaines de milliers d'arrestations qui ont suivi la tentative de coup d'Etat. Il est à craindre que l'attentat d'hier ne soit pas le dernier. Erdogan ne compte que des ennemis et des alliés de circonstance. Sombre perspective pour la Turquie!

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