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Le médicament, un levier économique

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L'industrie du médicament en Algérie est à la croisée des chemins. Encore balbutiante si l'on tient compte de son âge, de la gamme et la qualité des produits usinés localement, elle n'est pas moins l'un des fers de lance de l'économie nationale dans la perspective de la diversification engagée par le gouvernement. Mise en place dans le souci stratégique de se soustraire à la dépendance de l'étranger dans un domaine aussi sensible que celui de la santé de la population, cette industrie a, certes fait quelques ratés, mais a tout de même montré beaucoup de dynamisme, au point d'intéresser les plus grands groupes pharmaceutiques de la planète. Les marques les plus prestigieuses ont investi dans des usines en Algérie et la très performante industrie américaine a inscrit l'Algérie sur ses tablettes pour le développement d'un pôle de biotechnologie, le quatrième du genre dans le monde.
On pourrait se satisfaire des victoires déjà engrangées par les acteurs économiques de cette filière industrielle, sauf que le chemin est encore long pour consolider les positions prises par l'industrie nationale du médicament. En un mot comme en mille, cette filière est véritablement à la croisée des chemins: il s'agit de poursuivre dans la logique de l'autosuffisance en médicaments, ce qui en soi est un objectif ou alors, déplacer de quelques crans l'ambition du pays en mettant cette industrie sur une trajectoire d'excellence, c'est-à-dire, l'ouvrir à l'international. D'autres pays de même niveau de développement que l'Algérie et avec moins de compétences ont réussi à installer leurs marques en Afrique du Nord et en Europe.
Nos industriels ont objectivement les moyens de faire mieux. Une demande en hausse constante et notamment dans le continent africain, une expérience et une expertise locale qui doivent être valorisées et une proximité géographique avec de nombreux pays du continent noir, sont autant de cartes gagnantes entre les mains des opérateurs économiques nationaux.
Cela dit, il faut bien reconnaître que nos hommes d'affaires n'ont pas attendu le coup de sifflet du gouvernement pour s'y mettre, puisqu'une quinzaine de pays africains et quelques autres européens et arabes consomment déjà nos médicaments. Mais quoi qu'on dise, l'offensive est encore balbutiante et ne pèse quasiment rien dans le flux commercial vers l'Afrique dans le domaine du médicament.
Le succès des opérations d'exportation montre le bien-fondé de cette démarche. Ce qu'il faut maintenant, c'est ouvrir grandes les portes et massifier le commerce du médicament avec le reste du monde et plus spécifiquement, avec les pays africains. Le continent noir est la nouvelle destination phare des investissements. Il ne faut pas que l'Algérie rate ce train.

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