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Chelgham et le lait sans la vache

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Zapping. Abdesslam Chelgham est ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. L'intitulé est long, mais la précision en vaut la peine. Pourquoi? Pour deux raisons liées à l'actualité. Commençons par la première. Dans notre édition de samedi dernier, nous écrivions dans ces mêmes colonnes que le développement de notre production de lait fait du surplace avec moins de 4% de croissance annuelle. Nous avions également attiré l'attention sur la confusion faite entre la ferme et l'usine. Entre le lait produit par nos vaches et la poudre de lait que nous importons. C'est-à-dire entre la production et la transformation. La même confusion qui avait été longtemps entretenue au sujet du sucre. A la fin de cette même journée de samedi, le journal en ligne TSA a publié un entretien avec Abdesslam Chelgham consacré au lait. Plus précisément au prix du lait subventionné et l'importation de sa matière première qui est la poudre de lait. Sauf erreur, ce sont deux points qui ne relèvent pas de son département. Sauf également s'il a été désigné porte-parole du gouvernement. D'ailleurs, samedi dernier, nous avions posé la question de savoir de qui, l'agriculture, l'industrie ou le commerce, dépendait le lait. Des trois bien entendu. Notre interrogation sous-entendait la mutualisation des efforts et surtout une meilleure coordination. Peine perdue. La dispersion et l'éparpillement persistent. A bien réfléchir, un ministre n'agit jamais au hasard. S'il a accordé l'entretien, samedi dernier et pas celui d'avant ni celui d'après, il y a des raisons. S'il a consacré son intervention au prix du lait subventionné, il y a aussi des raisons. Toutes simples. Pour dire que «le lait, c'est moi!». O.-K, d'accord! Alors parlons du développement de la production (pas de la transformation) du lait. Nous disions samedi dernier que ce développement n'atteignait pas 4% par rapport à l'année précédente. Suite à quoi, dans l'entretien en question, notre ministre y répond à sa manière. Voilà comment: «On a réalisé un gain de pratiquement 166 millions de dollars sur la facture de l'Onil (importation, Ndlr)». Ce sont les 4% traduits en dollars. Mal traduits car ce «gain» est dû essentiellement à une baisse du prix de la poudre de lait sur le marché international. Si notre ministre trouve que c'est une performance ce serait triste. Ceci dit, tout au long de l'entretien, aucune trace de fermes, d'élevages ou de vaches. Que de prix, de l'import, de la poudre et de la...crevette à la dernière question sur la pêche. C'est la deuxième raison qui justifie le long intitulé du début. Ne manque que le développement rural. Au final, le contenu de l'entretien prouve que c'est la dispersion qui cause des torts au développement de la production de lait. On terminera, cependant, sur la bonne note. Le prix du sachet de lait reste à 25 dinars. «Il est formellement interdit d'ajouter un seul centime!» menace Chelgham. Les transformateurs de poudre de lait sont avertis. Quant aux vaches, elles peuvent continuer à regarder les trains qui passent!

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