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Du rôle de l'état

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Quels produits (de première nécessité?) seront touchés par la cascade d'augmentations, prévues pour les uns [loi de finances 2017], relevant du fait accompli pour les autres? A écouter ses justifications - en fait approximatives - le gouvernement n'y serait pour rien. Augmentation du prix du lait? Il n'en est rien et ce serait une question d'emballage qui en serait la cause. L'explication est courte. C'est là un exemple d'un produit rare, qui ne cesse de jouer au yo-yo. Mais il n'y a pas que le lait. Plusieurs produits de large consommation, dits de première nécessité, ont connu ces dernières semaines des augmentations de prix brutales et sans raison. En fait, ces augmentations de prix sont devenues récurrentes, au lieu d'être l'exception. Dès lors, d'aucuns de s'interroger: «Que fait donc le gouvernement? Quelle action a-t-il initiée, quelles décisions (non conjoncturelles) ont été prises pour mettre un terme à une situation qui perdure, outre de porter atteinte à cette cohésion sociale que l'on affirme vouloir protéger?» La dérégulation du marché national a de fait induit le chaos, sans que l'on sache qui fait quoi, qui contrôle qui. Il nous revient que feu l'ancien ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, eut à se plaindre du fait d'avoir été mis dans l'impossibilité d'accomplir sa mission face aux pressions de prédateurs tout-puissants. Manifestement, il y a une sorte d'imbroglio dans le rôle de l'Etat, quand un ministre de la République est mis en situation de faiblesse pour réguler le secteur dépendant de son département. Il est de fait que des années après le choix de l'économie de marché, comme vecteur de développement, l'Etat ne s'est pas donné les moyens juridiques et techniques pour que ce passage se fasse sans dégâts pour l'économie du pays. Or, les fraudes fiscales et les fuites de capitaux (notamment par la surfacturation des produits importés) se sont trouvées en terrain conquis du fait que ministères et douanes restent dépourvus de textes adéquats pour contrer une corruption insidieuse. Ne spéculons pas sur le taux «inapproprié» du dinar - pour ne pas en dire plus - entre sa valeur officielle face aux devises et celui pratiqué au marché parallèle. Un «décalage» qui, outre d'affaiblir le dinar, encourage les manipulations et les spéculations. Or, dans un tel contexte, l'Etat a avant tout un rôle de régulation et d'orientation. En tout état de cause, il ne s'implique pas dans la production de quelque nature qu'elle soit, a fortiori dans les productions de consommation courante. L'Etat soutient les prix du lait et du pain, cependant, il serait plus dans son rôle en subventionnant, à la base, l'agriculteur et le producteur de lait. Ce que font les Européens. Or, l'importation des matières premières ne vient pas en appoint à notre production locale (telle que le lait et les céréales), elle constitue la grande majorité de notre consommation laitière et céréalière. Avec au bout, une dépendance négative [pour le pays], des importations de ces deux produits. Un exemple pour situer le débat. L'Etat, contrairement à ce que d'aucuns pensent, ou écrivent, n'est plus dans son rôle, dès lors qu'il se substitue au producteur. Ce qui était le cas à l'époque des monopoles et de l'économie planifiée. Aujourd'hui, des choix stratégiques ont été faits qui impliquent de nouvelles normes de conduite tant de la part de l'Etat - qui doit retrouver son rôle de régulation - que des producteurs qui doivent prendre les risques de l'investissement. Or, l'Etat continue à empiéter sur des secteurs de la production qui, le moins qui puisse être dit, font désordre. C'est le cas du secteur de l'automobile. Le montage n'est pas une panacée s'il n'est pas accompagné par la mise sur pied, sine qua non, d'unités de fabrication de la pièce détachée, pour assurer un taux d'intégration positif. Alors le know-how [savoir-faire technique, commercial, financier], n'en parlons pas! Ainsi, les investisseurs sont cantonnés dans l'import-import, délaissant la gestion de la production, celle dont le pays a le plus besoin. Pour revenir au vecteur qui fait problème, relevons que l'Algérie a besoin de vaches laitières pour reconstituer son cheptel et non de poudre de lait - laquelle a fait, notons-le, la fortune d'une poignée d'importateurs - comme elle a besoin de semences et de la réhabilitation des terres agricoles pour relancer la production céréalière au moment où la facture des importations de blé atteint des cimes. Est-on alarmiste lorsqu'on attire l'attention sur un dysfonctionnement qui met en danger l'indépendance alimentaire du pays? L'Etat, c'est évident, doit aider tous les producteurs qui tendent à assurer cette indépendance alimentaire. Il n'a certes pas à subventionner des milliardaires qui se sont enrichis à l'ombre d'une économie de marché mal comprise et mal assumée. Résultat des courses: plutôt que de nous projeter sur l'avenir du pays, on palabre sur le prix du lait!

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