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Trump: des décrets et des déboires!

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Sûrement, Donald Trump vient encore de rater l'occasion de rectifier dans le bon sens cette histoire de migrants. Son idée fixe de sanctionner, coûte que coûte, les musulmans - assimilés globalement à des terroristes - sans autre précaution, confine à la paranoïa. Aussi, le président Trump, a-t-il été, une fois de plus, mis face aux limites constitutionnelles, imparties à un chef d'Etat dans un pays démocratique. Il y a des critères qu'il ne peut, tout président élu qu'il est, ne pas observer et respecter. Ce que n'ont pas manqué de lui rappeler les magistrats états-uniens. Alors que le premier décret sur les migrants, qui a créé une onde de choc dans le monde, a été bloqué par un juge de l'Etat de Washington en février dernier, sa seconde version, à peine édulcorée, risque de connaître le même sort. En effet, après les déboires qu'a connus son premier décret sur les immigrés, Trump va devoir encore avaler la couleuvre et sans doute revoir [encore] sa copie. Dans l'intervalle, il devra batailler ferme pour tenter d'imposer son nouveau texte, sur l'immigration, tout aussi mal ficelé [que le précédent] qui suscita la réprobation générale aux Etats-Unis à peine rendu public, lundi dernier. Ce ne sont pas seulement la société civile états-unienne et les ONG qui condamnent le nouveau texte de Trump, mais des autorités fédérales et judiciaires qui s'opposent à un décret qui, décidément, relève continûment de l'exclusion et de la xénophobie. Ainsi, dans une lettre ouverte au président Trump, des experts (magistrats et anciens responsables en politique étrangère) jugent que le nouveau décret «(...) enverra aux musulmans, y compris à ceux qui sont victimes ou qui combattent le groupe jihadiste Etat islamique (EI), un message renforçant la campagne de propagande (...) affirmant faussement que les Etats-Unis sont en guerre contre l'islam». Et ces experts, enfonçant le clou, qui soulignent: «Au contraire, accueillir les réfugiés et voyageurs musulmans met au jour les mensonges des terroristes et contrecarre leur vision faussée.» Ce que, à l'évidence, le président Trump ne peut comprendre, ne semble pas prêt à comprendre: on ne condamne pas une religion dans son ensemble, parce que des nervis commettent des crimes en son nom. D'autant plus que les premières victimes - qui se chiffrent en milliers de personnes - de ces assassins, ce sont d'abord les musulmans, notamment en Syrie, en Libye, et au Yémen, trois des six pays que Trump, sans autre forme de procès, met leurs peuples à l'index, leur interdisant l'entrée des Etats-Unis. En fait, rien ne justifie l'intitulé du nouveau décret «trumpien» qui s'attaque frontalement à une religion, l'islam, rendue coupable de tous les aléas auxquels le monde et les Etats-Unis en particulier sont confrontés. C'est facile à partir d'un bureau, de désigner les boucs émissaires, les peuples de six pays musulmans - représentant globalement la population entière des Etats-Unis - jugés comme terroristes potentiels, ou probablement des assassins en puissance. Or, les évènements et l'avènement du terrorisme qui mortifie la Syrie, la Libye et le Yémen - trois des six pays musulmans cités dans le décret Trump - les Etats-Unis, n'y sont pas étrangers. M.Trump serait inspirré d'interroger ses prédécesseurs et la CIA pour connaître l'origine du terrorisme, savoir qui est derrière et qui l'instrumentalise pour des desseins autres que la paix et la sécurité. S'il est novice en politique et en diplomatie, M.Trump doit néanmoins savoir, en homme averti, que l'armée terroriste qui a détruit la Syrie et l'Irak, n'est pas sortie de la jambe de Zeus.
De fait, sur la question du terrorisme, Donald Trump doutait, il l'a dit, de la sincérité du gouvernement états-unien dans l'affaire des attentats du 11-Septembre laissant entendre qu'il aurait des choses à dire sur le sujet. Emporté par le tourbillon de la puissance du pouvoir, Donald Trump se laisse aller à faire des amalgames dangereux et inacceptables sur des choses qu'il ne semble ni appréhender ni même imaginer, surtout lorsqu'il est question de l'islam et des musulmans. Aussi, ça ne lui coûte rien, puisqu'il n'y comprend rien, de mettre au ban de la société humaine des dizaines de millions de musulmans, sur la base du seul référent qu'ils sont musulmans. C'est intolérable!

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