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Le folklore poussé aux limites de l'absurde!

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Une fois encore, rois et princes du Khalij ont réussi à sidérer le monde par leurs extravagances. Le dernier en date à avoir défrayé la chronique et suscité la risée des médias mondiaux n'est autre que le roi Salman d'Arabie saoudite. En tournée en Asie (Indonésie, Japon, Chine...) pour rétablir des liens quelque peu effilochés avec les pays de cette partie du monde, le roi Salman s'est fait accompagner par plus de 1200 personnes (1500 accompagnateurs selon certains chroniqueurs), 460 tonnes de bagages, plusieurs limousines et deux ascenseurs. Sur place, plusieurs hôtels on été réquisitionnés pour loger ce qui équivaut à la population d'un village ambulant. De quoi stupéfier un monde pourtant habitué aux sautes d'humeur des princes arabes qui ne sont jamais en manque d'une trouvaille pour suffoquer le monde et faire s'esclaffer la planète à leurs dépens. En sont-ils seulement conscients? De fait, le roi Salman est un récidiviste qui, en novembre 2015, pour assister au sommet du G20 à Antalya en Turquie, se fait accompagner par 1000 personnes et réquisitionne l'intégralité des 560 chambres de l'hôtel. En mars 2016, le prince Turki Bin Abdullah, faisait venir à Londres à «grands frais» d'Arabie saoudite quatre voitures de luxe recouvertes d'or. De fait, les frasques démesurées des princes du Golfe en Occident, scandalisaient même les personnes prêtes à s'amuser de certains excès. C'est étrange que les Arabes d'une manière générale, les monarques du Golfe en particulier, se singularisent et se signalent à l'attention du monde par des actes et des bravades qui défient l'entendement. Ainsi, les médias asiatiques et occidentaux ont davantage mis l'accent sur l'extravagant équipage royal saoudien que sur les éventuelles retombées politiques et économiques du premier voyage asiatique d'un souverain saoudien depuis plus d'un demi-siècle. En fait, par ses incohérences, ladite élite arabe est plus citée dans la rubrique «faits divers» que dans les pages de la science, de la culture ou de la politique de haut vol. C'est curieux aussi que les dirigeants arabes et singulièrement les rois et princes arabes n'arrivent pas à surprendre le monde par leurs innovations, par des politiques inventives aptes à faire avancer le développement, à réduire les inégalités, à éradiquer la pauvreté qui subsiste dans nombre de pays arabes, notamment dans les monarchies. C'est encore plus vrai en Arabie saoudite, où la pauvreté est un secret de Polichinelle, malgré les démentis des autorités. Cette pauvreté existe, comme le montrait une vidéo postée (en 2011) par des jeunes Saoudiens donnant à voir un quartier très pauvre, Al Jaradiya, dans la banlieue de l'opulente capitale Riyadh. D'aucuns ont pensé que la scène se déroulait en Somalie, que dans la richissime Arabie saoudite inondée de pétrodollars. Même l'Est du pays où est concentrée la production pétrolière saoudienne n'échappe pas au dénuement. Il n'existe pas de statistiques, mais selon diverses sources un Saoudien sur huit est pauvre.
En visite dans le quartier Al Shamishi à Riyadh en 2002, l'alors prince héritier Abdallah, a été choqué de découvrir la réalité de la pauvreté dans le royaume.
A cet effet, une caisse de solidarité nationale a été créée. Toutefois, l'aide octroyée est symbolique et reste insuffisante pour renverser la tendance. Au moment où les rois, les princes [en novembre 2007, le prince saoudien Al Walid ben Talal ben Abd al-Aziz Al Saoud, a commandé un Airbus 380 VIP, avec toutes les options, dont la valeur est estimée entre 400 et 500 millions de dollars] et la classe aisée saoudiens, dépensent sans compter, des Saoudiens ont à peine de quoi subsister. C'est celle-là la réalité du Royaume wahhabite qui, en revanche, a conclu, en 2010, un contrat d'achat d'armes pour 60 milliards de dollars avec les Etats-Unis. N'évoquons pas le sponsoring des groupes jihadistes dans le monde, notamment ceux qui ont mis la Syrie à feu et à sang. En tout état de cause, l'image n'est pas flatteuse pour l'Arabie saoudite qui en est encore au folklore de l'épate, qui frise l'absurdité, quand le peuple saoudien a besoin de cet argent pour vivre correctement et décemment.

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