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Y a-t-il un politique dans la salle?

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Les élections en Algérie se suivent et se ressemblent. Tout est dans l'effet et la manière de se placer à un rang d'éligibilité. D'aucuns sont prêts à y mettre le prix! De fait, c'est tellement entré dans les moeurs que l'on ne s'en émeut pas plus que ça, si ce n'est les crédules qui croient encore à la pureté des intentions en politique. Chez nous, dans notre pays, cela semble formel: on n'élit pas les gens pour leurs idées, leurs programmes et tutti quanti, mais pour leur poids et leur entregent dans les cercles très fermés des décideurs. Il n'y a qu'à voir les batailles inimaginables qui se mènent dans les partis, singulièrement ceux dits de «pouvoir», pour une place ou, même, pour un strapontin qui donnerait droit au préfixe de «Si Flen», adulé au village. La politique est en fait simple, mais d'aucuns éprouvent un plaisir sadique à la compliquer. Prenons le FLN et ses «mahzala» sans fin. Certes, le «vieux» parti a habitué aux remous qui l'agitent devenus [à la longue] son label. Ce n'est certes pas le scrutin législatif du 4 mai prochain, dont les enjeux sont évidents, qui aurait été propice à calmer les esprits. Bien au contraire! Nombre de militants n'étaient pas contents. Alors pas du tout et ils l'ont fait savoir bruyamment. Il y avait sans doute moyen d'éviter ce désordre, comme de se donner en spectacle. Il aurait suffi de confectionner les listes dans la transparence, selon les règles édictées autant par le parti que par les institutions de l'Etat. C'est loin d'avoir été le cas, à en croire les opposants aux listes rendues publiques par le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès. De fait, celui-ci a été on ne peut plus clair: les «listes» sont de son seul fait, sans pression ni directives. Il en assume, dit-il, l'entière responsabilité. Sans doute! Il n'en reste pas moins, que cette manière de procéder ne pouvait rencontrer l'adhésion de personnes avides de rempiler - pour un deuxième, voire un troisième mandat - et ceux qui, dans leurs starting-blocks, piaffent d'impatience pour prendre la relève. Il y avait moyen de procéder autrement, pour éviter les controverses, tout en restant au-dessus de la mêlée. Cela aurait validé les listes, sans prêter le flanc à la suspicion. C'est le contraire qui a été fait, décrédibilisant ces listes avant d'avoir été connues. Ainsi, il ferait bon de voir un «politique» algérien examiner le pourquoi des choses et se dire qu'il est temps de laisser la place à des compétences plus qualifiées. Nous n'en sommes pas là. Aussi, les choses étant ce qu'elles sont, il était chimérique de contenter les uns, de faire patienter les autres. Ce qui met à nu une «classe politique» [il est malaisé de donner le qualificatif de «politique» à des hommes qui n'en connaissent pas l'abécédaire] sans vision d'avenir, sans perspectives politiques claires et porteuses de mieux-être pour la nation. Dans un pays où la «patate» est cédée à 150 DA le kg, la tomate à 200 DA le kg, il est évident qu'il y a quelque chose de pourri. C'est le cas de le dire si l'on excipe du fait qu'il y a quelques années, une dite «Assemblée populaire» rejeta une loi anti-corruption qui devait combattre les malfrats qui ont mis hors de portée de la bourse des citoyens les productions de grande consommation. Aussi, les éclats de voix des candidats laissés en rade, montrent combien ces hommes sont surtout obsédés par le pouvoir avec pour seul objectif leur intérêt bien compris. Les rumeurs persistantes quant à l'intrusion de l'argent dans la désignation des candidats, voire pour «l'achat» de places éligibles, en disent long sur la prise en otage des élections dans notre pays. Des élections qui, déviées de leur visée, ouvrent la (les) voie(s) à des destins que d'aucuns espèrent national. Surtout que ces «d'aucuns» ont désormais le regard fixé sur l'horizon 2019. A-t-on ouï-dire en effet que des partis se sont battus pour l'avènement de la démocratie et des libertés citoyennes, prôné la bonne gouvernance et l'Etat de droit? Est-ce la préoccupation principale de candidats qui s'étripent pour une place sur les listes électorales? Cela confirme le fait, que le problème en Algérie reste ce vide politique difficile à combler du fait d'une classe politique orpheline de cette indispensable maturité politique pour le moment absente, sinon virtuelle.

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