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Ils sont venus, ils ont parlé, ils sont partis!

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Les [dirigeants] Arabes se sont donc réunis, mercredi 29 mars 2017, en sommet «ordinaire». Avec tout ce que subit le Monde arabe depuis, singulièrement, ledit «printemps arabe», on s'attendait - si ce n'est à des monts et merveilles - du moins à ce que les monarques, chefs d'Etat et de gouvernement arabes prennent réellement conscience de la situation absurde qui est celle dudit «Monde arabe». Il n'en fut rien! Ils sont venus, ils ont parlé, ils sont partis! Tartuferies! Que peut-on en fait attendre de dirigeants totalement déconnectés de la réalité en général, du Monde arabe en particulier. Déjà, la durée du sommet (une journée) est insolite. Une journée pour passer en revue la kyrielle de problèmes auxquels est confronté le Monde arabe, dont le moindre n'est pas la Palestine, puisque expédiée en une phrase [une «question «centrale» pour la nation arabe»], répétée depuis sept décennies. Le fait est que les Etats arabes, encore moins leur «Ligue», ne sont pas en phase de ladite «communauté internationale» qu'ils prennent à témoin quant à l'occupation israélienne qui «constitue une violation flagrante du droit international et une pierre d'achoppement devant le processus de paix». Du verbiage, dès lors que les Arabes n'ont pas les moyens, ne se sont pas donné les moyens de leur politique si tant est que celle-ci existe. Ce dont nous doutons fortement! Cela fait près de deux décennies, bien avant le pseudo-printemps arabe, que l'Algérie plaide, sans succès, pour une réforme globale de la Ligue arabe. Elle l'a encore réitérée lors du sommet de mercredi des souverains et chefs d'Etat arabes, sans se faire autrement entendre alors que la situation de la Ligue des Etats arabes est devenue grotesque. Encore une fois, l'Algérie aura prêché dans le désert, comme cela a été le cas lorsqu'elle avait mis en garde dans les années, 1990, sur la nocivité du terrorisme. Elle n'a pas été écoutée, pas plus qu'elle ne le fut mercredi à la mer Morte (la bien nommée) en Jordanie. Il était, à tout le moins, attendu que soit convoqué un sommet extraordinaire sur la question et mises sur pied des commissions pour étudier la faisabilité d'une telle réforme aux plans politique, juridique, financier, économique, militaire, culturel et social. Rien! En fait, la question, la seule question qui méritait d'être posée est de savoir jusqu'où les souverains et chefs d'Etat arabes sont prêts à aller dans cette réforme et quelles seront ses portées et dimensions réelles: touchera-t-elle aux domaines dits de souveraineté, lesquels induisent autant un blocage dans l'émancipation des pays arabes, que freinent une véritable coopération inter-arabe? Donc, pour la réforme, motus! Encore un sommet de dupes! On a aussi évoqué du bout des lèvres le terrorisme. On sait tous la part que certains pays arabes - les monarchies en particulier - ont pris, sinon dans l'expansion du terrorisme, du moins dans son avènement avant de se répandre comme une lèpre sur le monde. Aussi, ce n'est même pas risible lorsque ces dirigeants «expriment» sur le tard leur «extrême préoccupation face à la recrudescence» du phénomène de «l'islamophobie» et face aux «tentatives tendant à assimiler le terrorisme à l'islam». Qu'ont fait durant toutes ces années, les dirigeants arabes, surtout les monarques pour prévenir une telle vision négative de l'islam? Or, des monarchies ont financé les groupes [terroristes] jihadistes qui ont détruit la Syrie, l'un des pays - toute chose égale par ailleurs - le plus laïc et le plus démocrate du Monde arabe. L'islam, ce sont ceux-là censés le défendre en toute circonstance et de toutes les manières qui l'ont mis dans cet état de fausseté, en contribuant à entretenir l'amalgame entre le jihad - dépersonnalisé par les groupes terroristes qui s'en sont approprié la geste - et le terrorisme. Des monarques qui ont installé à la Ligue arabe (en 2012) des rebelles [en lieu et place des représentants légitimes de l'un de ses fondateurs, la Syrie] peuvent-ils aujourd'hui se récrier contre un phénomène qu'ils ont encouragé, sinon instrumentalisé? La montée de l'islamophobie est en corrélation directe avec les exactions commises au nom de l'islam par les jihadistes-terroristes, que les Mondes arabe (et musulman) n'ont pas su, pu - sans doute voulu - y mettre le holà. Sans surprise ce n'est donc pas sous cet angle que le problème de l'islamisme fut abordé, dès lors que la question n'a pas été posée. Aussi, les [dirigeants] Arabes, se sont-ils encore une fois payé de mots? Un petit tour et puis s'en vont. Dès lors faut-il s'étonner que les problèmes arabes [des guerres meurtrières mettent à mal, cinq pays membres de la Ligue arabe: Irak, Libye, Somalie, Syrie, Yémen] soient pris en charge par les étrangers, quand les [dirigeants] Arabes plastronnent et se perdent en conjectures?

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