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Syrie: la guerre n'est pas un jeu M.Trump!

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Le 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, qui est encore à s'émerveiller de se trouver chaque matin à la Maison-Blanche, avait fait de twitter son jeu favori et son outil essentiel de gouvernement. Ses tweets se dégainent plus vite que son ombre. Le voici qui endosse l'uniforme de chef de guerre, s'engageant dans un jeu autrement plus destructeur. Les raids qu'il a ordonnés en Syrie sont un acte de guerre qui pourrait allumer la mèche de l'apocalypse. Les Etats-Unis ont commis contre la Syrie une agression que rien ne légitime. Ce n'est plus un tweet! Trump, s'est comporté en cow-boy du XIXe siècle, qui tire d'abord, s'informe ensuite. Or, ce n'est plus de jeu, car c'est là une attaque injustifiée qui pourrait ouvrir sur une guerre mondiale qui sera atomique. De fait, c'est le même scénario que celui de 2013, lorsque Barack Obama, allait «punir» la Syrie - laquelle aurait, selon lui, franchi la «ligne rouge» après une attaque chimique du quartier d'Al-Ghouta orientale, attribuée à l'armée syrienne. D'emblée, les Occidentaux, d'une seule impulsion, ont pointé le doigt sur Damas, l'accusant d'avoir perpétré ce crime de guerre. Les dénégations de Damas étaient noyées dans la déferlante des «fake news» (fausses informations) imputant à la Syrie l'attaque chimique. Or, à cette époque (en 2013), quand les armées états-unienne et alliées (la France en particulier) étaient prêtes à l'assaut, le président Obama stoppa tout. Que s'est-il passé? Barack Obama a été averti [par le renseignement militaire US] qu'il est probable que l'attaque chimique ne soit pas du fait de l'armée syrienne. Cela évita au monde un désastre. Des informations ont fuité, accusant le groupe jihadiste Front al-Nosra (branche syrienne d'Al Qaîda) d'être l'auteur de l'attaque. Al Nosra est un des protégés de la...Turquie, le pays le plus déterminé à faire un sort au président syrien, Bachar al-Assad. Mardi dernier, Ankara a encore été le plus prompt et le plus virulent dans ses diatribes contre le président syrien. En août 2013, la sécurité du monde tenait à un fil. Les renseignements britanniques avaient réussi à se procurer des échantillons du gaz sarin utilisé dans l'attaque d'Al-Ghouta orientale. Les analyses avaient alors prouvé que ce sarin ne «correspondait» pas à celui «connu», détenu par l'armée syrienne. Ce qui veut dire que les services de renseignement occidentaux savaient à quoi s'en tenir concernant le sarin détenu par la Syrie. L'important donc est que la Maison-Blanche était arrivée au fait que ses accusations étaient sans fondement et ne convaincraient pas le Conseil de sécurité. En réalité, Washington savait que le président turc, Recep Tayyp Erdogan, ferait tout pour faire tomber al-Assad. Un haut responsable du renseignement états-unien assurait: «Nous savions qu'il y avait certains dans le gouvernement turc (...) qui ont cru qu'ils pouvaient choper Assad par les couilles en l'impliquant dans un attentat au gaz sarin à l'intérieur de la Syrie et...forcer Obama à réagir.» C'était en 2013. Une manoeuvre d'Ankara? Qu'en est-il en 2017 où le même scénario semble être reproduit? En juin 2013 (deux mois avant l'attaque au gaz sarin) des analystes de la DIA (Defense Intelligence agency, le renseignement militaire US) publient un rapport «très hautement classifié» adressé au directeur adjoint de la DIA, David Shedd. Ce rapport affirme qu'al-Nosra avait une unité de production de sarin, et précisait: «Son programme était le complot au sarin le plus avancé depuis les efforts d'Al Qaîda avant le 11/9.» Un passage du rapport de la DIA mérite d'être souligné qui assure: «Jusqu'à présent, l'attention des services de renseignement a porté exclusivement sur les armes chimiques syriennes; à présent, nous constatons qu'al-Nosra tente de fabriquer ses propres armes (...) la liberté de manoeuvre relativement grande d'al-Nosra en Syrie nous amène à penser que la volonté du groupe sera difficile à contrer à l'avenir.» Fin de citation. Tout est dit ou presque. Cherchez les raisons du crime. Hystériques les Occidentaux, comme en 2013, récidivent en 2017: accuser sans preuve, le régime syrien, ne se référant pas à de précédentes accusations qui se sont révélées fausses. De Saddam Hussein à Bachar al-Assad, les Occidentaux ont fabriqué de fausses incriminations pour se débarrasser d'hommes qui résistent à leur diktat. Trump aurait dû s'intéresser aux rapports de ses services, avant d'agresser la Syrie. Autre fait insolite: les informations sur l'attaque faisaient les Unes des médias plusieurs heures avant que soit ciblé un dépôt de munitions d'al-Nosra, qui s'est avéré être un dépôt d'armes chimiques. Cela confirme, a posteriori, le rapport des analystes de la DIA accusant le groupe al-Nosra. Des dirigeants tout «puissants» aveugles, impatients d'user de leur puissance, cafouillent et répètent à l'envi des crimes qu'ils imputent aux autres.

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