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Foot: voyons petit, petit disent-ils!

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Encore une fois, les responsables des clubs professionnels algériens ont étalé sur la place publique leur méconnaissance préjudiciable des lois et règles du football en général, de la coupe d'Algérie en particulier. Après la désignation par la commission de la coupe d'Algérie des domiciliations des deux demi-finales au stade olympique du 5-Juillet, les présidents du CR Belouizdad et du MC Alger se sont récriés, assurant que ni l'un ni l'autre ne sont prêts à jouer au temple du football algérien. L'un tient à sa «kousina», l'autre à son «jardin». Un dénominateur commun: ils voient petit, petit, quand les clubs qui se disent «grands» font tout pour atteindre à la grandeur. Aussi, le CRB et le MCA refusent-ils le plus grand stade d'Algérie pour leur petit arpent de terre du 20-Août 1955 et de Omar-Hamadi. En fait, un troisième larron a fait entendre sa voix. Il s'agit du CA Batna - dans la perspective des matchs en nocturne en prévision du Ramadhan - qui tient comme à la prunelle de ses yeux, au vétuste et étriqué stade Sefouhi, dédaignant le joyau du 1er Novembre, doté du gazon naturel et des installations pour les matchs en nocturne. C'est aussi le cas de l'USM El Harrach, domiciliée dans le réduit du 1er-Novembre à El Mohammadia, tout aussi inapproprié pour un club professionnel, mais ne veut pour rien au monde en changer. Ainsi, cette vision étroite et sans perspective de la pratique sportive est partagée par tous les présidents des clubs dits «pros» algériens. Manquant d'imagination, les responsables des clubs se raccrochent à ce qu'ils pratiquent le mieux: la routine et les échappatoires. Le président du CRB menace de démissionner si le match est maintenu au 5-Juillet, estimant «l'honneur» de son club «bafoué». De fait, tout cela n'est pas sérieux et conforte l'amateurisme dans lequel baigne le professionnalisme à l'algérienne. Depuis son inauguration, en 2010, le professionnalisme a dilapidé des centaines de milliards, dépensés en salaires et en primes à des joueurs tout juste moyens. Il est patent que ces clubs - à défaut de construire leur propre enceinte sportive - auraient pu, à tout le moins, apporter des améliorations aux stades où ils sont domiciliés pour les rendre compétitifs et conformes aux règles sportives et sécuritaires de la pratique de haut niveau. A l'évidence, ce n'est pas sur le tartan du 20-Août, de Omar-Hamadi, de Sefouhi ou de Mohammadia que ce haut niveau sera atteint. Quand on voit petit, on reste petit. Le patron du MCA agite la menace du boycott. Comment se fait-il que le doyen des clubs d'Alger, qui fait des pieds et des mains pour recevoir (en championnat) ses adversaire au 5-Juillet, exige, pour la coupe d'Algérie, d'être domicilié à Omar-Hamadi lequel ne répond pas aux règles spécifiques qui caractérisent la coupe d'Algérie? En fait, la commission de désignations de la FAF est souveraine et aurait pu domicilier les deux rencontres à Annaba et Oran. Dans le règlement de la coupe d'Algérie 2016-2017 il est stipulé dans l'article 15-1 f (de la section 7) que «les décisions relatives à la désignation des terrains ne sont pas susceptibles d'appel» l' article 15-1 c précise «nonobstant les critères exigés à partir des 1/8 de finale, la domiciliation des rencontres relève exclusivement de prérogatives de la FAF». La logique veut que les clubs se conforment aux lois qui organisent cette manifestation. Dans le cas d'espèce, la Commission a estimé que les enceintes d'El Anasser et de Bologhine ne répondaient pas aux critères de jeu et de sécurité édictés par la FAF. Lors des tours précédents, des clubs qui n'étaient pas en conformité avec ces règles ont été délocalisés vers d'autres stades ou villes. Selon ces mêmes règles (et prenant en compte l'inaptitude des stades du 20-Août et de Omar-Hamadi à accueillir les demi-finales) la FAF a ainsi délocalisé les deux demi-finales au 5-Juillet. De fait, est-il légitime pour des clubs se réclamant de galeries dépassant les 30.000 supporters, de jouer dans des stades dont la contenance n'excède pas 8000 places? Ajoutez à cela les dizaines de milliers de supporters de Sétif et de Sidi Bel Abbès. Il faudrait bien que les dirigeants, qui se sont investis dans la direction de clubs professionnels, pensent enfin en professionnels et acceptent les règles du jeu. Ni plus, ni moins. Seul le terrain départagera les meilleurs qui auront à démontrer leur supériorité, les artifices n'y changeront rien. Il faut surtout savoir être fair-play et gagner dans les règles de l'art. En fait, les dirigeants des clubs algériens connaissent-ils les règles du football en général, ceux organisant la coupe d'Algérie, en particulier? Il faut croire que non!

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