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Trump ira-t-il jusqu'à appuyer sur le bouton rouge?

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Rodomontade, ou propos conséquents? Le président états-unien, Donald Trump, a réitéré, mardi, qu'il était «prêt à résoudre seul» le problème nord-coréen. Comment? En larguant sur Pyongyang une bombe atomique ou en bombardant les installations nucléaires nord-coréennes? Dans un cas comme dans l'autre, l'imprévisible président états-unien louvoierait avec l'apocalypse. Un retour de manivelle n'est pas impossible et, quelque rustique ou expérimentale qu'elle soit, la bombe atomique nord-coréenne pourrait toucher au but et commettre des dégâts irréparables. Les médias occidentaux qualifient le maître de Pyongyang de «dément». De fait, cette caractéristique ne s'appliquerait-elle pas également au maître de la Maison-Blanche, tout aussi incohérent que peut l'être son homologue nord-coréen? Or, la Corée du Nord, contrairement à la Syrie, semble avoir du répondant et est capable de répondre du tac au tac au diktat états-unien. Reste seulement à voir qui serait le plus fou, Donald Trump ou Kim Jong-Un. Et le plus insensé risque de ne pas être celui auquel l'Occident policé pense. En fait, l'un et l'autre jouent avec le feu, maîtres d'une puissance nucléaire destructrice dont ils brûlent d'en faire usage. A l'image de dieux ayant droit de vie et de mort, outre les hommes, sur le monde. Trump, novice en politique internationale, doit [se devait de] savoir, que les oukases ne marchent pas, surtout avec quelqu'un sûr de ses droits et de ses moyens. De fait, l'arrivée à la magistrature des Etats-Unis de Donald Trump, un businessman étranger aux arcanes de la politique et de la diplomatie mondiales, a induit une équation à plusieurs inconnues. Déjà au plan interne, Donald Trump a été ramené à ses justes mesures apprenant, à ses dépens, les lignes rouges que le locataire de la Maison- Blanche ne pouvait franchir. Douché, le 45e président US voulait reprendre pied au plan international. Il apprendra, assez tôt, que la diplomatie internationale ne se règle pas à coups de hashtags sur twitter.C'est par son moyen de communication favori qu'il informa le monde qu'il compte «résoudre» le problème nord-coréen quitte à le «faire seul». Comme un grand! Merci à l'armada atomique des Etats-Unis qui lui donne cette arrogance lui permettant de parler haut et fort, de menacer à tout-va, réprimer tout ce qui bouge. Il a ainsi «puni» dans la nuit de vendredi dernier, la Syrie. C'est facile de jouer les matamores au regard de l'armement mis à sa disposition. Sous cet angle - et seulement sous cet angle - il est compréhensible que la Corée du Nord veuille se prémunir d'une attaque, voire d'une invasion, en se dotant d'une force de frappe atomique. Ainsi, mardi, Pyongyang justifiait son programme nucléaire en affirmant que la frappe états-unienne (contre la Syrie) prouvait «plus d'un million de fois» sa justesse. L'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003, le bombardement de la Libye en 2011 par l'aviation US, montrent à l'envi combien le monde n'est pas à l'abri d'un dérapage, ni n'est en sécurité lorsque un pays [les Etats-Unis] adossé à son incommensurable puissance militaire, prétend imposer sa loi au monde. Dès lors, il est évident que des crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont à craindre. En tout état de cause on ne joue pas avec l'atome et si Trump est assez irresponsable pour appuyer sur le bouton rouge, il risque fort de trouver en face quelqu'un, encore plus déraisonnable que lui. A ce propos, les pays occidentaux, plutôt que de calmer les esprits, poussent à l'irréparable que ce soit en Corée du Nord ou en Syrie, demandant plus. Question subsidiaire à se poser: les Etats-Unis sont-ils prêts à une confrontation directe avec la Chine - que menacerait une action militaire états-unienne en Corée du Nord - et la Russie - dont les intérêts risquent de pâtir en Syrie, outre qu'elle est directement menacée par les excès de Trump. Cela pour dire que le président états-unien est loin d'avoir tous les atouts en main. La possession d'une force de frappe sans commune mesure dans le monde, reste à double tranchant et ne l'exempte pas de raison garder. Quand on part à la guerre on assure ses arrières. Mais est-ce suffisant? Pyongyang acceptera-t-elle une frappe états-unienne? La Russie de Poutine est-elle prête à rentrer [de nouveau] dans le rang, ou revenir à sa situation des années 1990? Il faut que les Occidentaux comprennent que cet épisode est définitivement clos et le pouvoir unipolaire états-unien, bien fini. L'équilibre de la terreur [de la Guerre froide] de nouveau de mise reste le mieux-disant pour préserver la paix et la sécurité du monde. Le danger, c'est lorsque un seul pays détient les armes de destruction massive et en fait un instrument politique de mise au pas des pays qui ne s'alignent pas ou refusent de rentrer dans les rangs.

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