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Le sursaut des électeurs

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Lucidité. Pour se faire une opinion sur les législatives du 4 mai prochain, les électeurs ne doivent pas se laisser distraire par des faits ou des événements qui, même s'ils ont existé, n'en restent pas moins conjoncturels. Qu'une bonne partie de la classe politique n'a pas brillé par son exemplarité, cela est vrai. Que des élus ont ignoré leurs électeurs juste après avoir décroché le mandat, cela est aussi vrai. Que d'autres ont utilisé des moyens malsains comme la «chkara», c'est vrai aussi. On peut ajouter le «nomadisme», l'absentéisme, les salaires, et bien d'autres choses qui ont marqué les précédentes législatures. Pour toutes ces raisons, la défiance des électeurs était justifiée. Sauf qu'il faut avoir présent à l'esprit, au moins, deux choses. La première étant que les élections que nous vivons présentement ne sont plus régies comme avant. Elles le sont par une nouvelle Constitution. Celle du 7 février 2016 qui comporte tous les garde-fous contre les dépassements que nous avons cités plus haut et d'autres. D'ailleurs, les préparatifs de cette consultation ont montré les premiers fruits de la nouvelle Loi fondamentale et des textes d'application qui l'ont suivie. Notamment le rôle accru reconnu à l'opposition ainsi que les larges prérogatives de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections. Ce qui explique d'une part, la forte participation de tous les partis, sans oublier les candidats indépendants qui sont plus d'un millier, et d'autre part la parfaite organisation (de la révision des listes électorales jusqu'au timing audiovisuel des candidats) que tout le monde peut constater. Pour faire court, il s'agit d'élire un député nouveau pour une nouvelle APN. Dans la forme et dans le fond. Parmi les grandes nouveautés, citons la session unique de dix mois du Parlement, les propositions de lois seront recevables dès lors qu'elles seront présentées par 20 parlementaires, l'opposition peut saisir le Conseil constitutionnel, etc. L'absentéisme et le nomadisme seront sanctionnés. Bref, tout milite pour accorder logiquement un délai de grâce à cette nouvelle composante de l'APN. Et surtout ne pas faire le jeu de ceux qui poussent à l'abstention. Pourquoi? La réponse est dans la deuxième chose qu'il faut avoir à l'esprit. Au-delà de l'élection, stricto sensu, des députés, au-delà de leur carrière politique, l'élection du Parlement est fondamentale dans la vie d'une nation. Il s'agit de la représentation nationale qui tire sa force de la qualité de ses membres certes, mais aussi et surtout du poids que lui donnent les électeurs. Aujourd'hui plus que jamais l'Algérie a besoin d'un Parlement fortement représentatif. Qui traduise l'unité du peuple. Unité indispensable pour consolider la paix, la sécurité et la stabilité dans notre pays. Cela a été déjà dit par le leader du RND, Ahmed Ouyahia, mais il n'est pas interdit de lui emboîter le pas. «Tous les efforts de développement seront vains sans la paix et la stabilité qui ne peuvent être assurées que par l'unité du peuple.» Qui peut croire un instant que sans la paix, une diversification de l'économie est possible ou, plus terre à terre, qu'un programme de logements puisse être mené à terme? Qui a entendu parler de développement durant la décennie du terrorisme? Qui a envie de revivre ces moments noirs avec la peur au ventre? Voilà pourquoi chaque voix compte dans l'élection de la nouvelle APN. Peu importe le choix du candidat devant l'intérêt national!

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