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Des projets en "souffrance"

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Grains de sable. Le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, vient d'annoncer, avec soulagement et sous les applaudissements, le déblocage de l'enveloppe financière qui permet de relancer les chantiers de trois hôpitaux de la wilaya de Batna qui étaient à l'arrêt après avoir atteint un taux d'avancement de 90%. Il a instruit les autorités locales de prendre les mesures, sans tarder, pour reprendre les travaux et mettre en exploitation ces trois hôpitaux «avant la fin de cette année». On devine la colère contenue du ministre. Par qui et pourquoi des chantiers si avancés ont été bloqués? Quels que soient les motifs, financiers ou techniques, ceux-ci sont irrecevables. Tout projet doit être maîtrisé avant son lancement. Oui, mais c'est compter sans le «génie» de la bureaucratie. Entre les rallonges du coût, les difficultés géologiques et les aléas des intempéries, la panoplie des «grains de sable» est large. Dans le même temps, dans un autre domaine, on apprend que la mise en service du Laboratoire national d'essais, prévue en 2015 «n'est pas prévue pour très bientôt» a affirmé son DG, El Yazid Benmezaï. Là encore, la cause est inacceptable. Un retard dans la sélection des soumissionnaires pour l'acquisition des équipements n'a pas permis de «consommer» l'enveloppe financière dans les temps. Du coup, l'argent est remis en caisse et le laboratoire peut rester une carcasse vide. Il faut juste rappeler que les travaux de ce laboratoire situé dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah ont commencé en 2008. Neuf longues années n'ont pas suffi pour éviter un retard dans les appels d'offres. Il faut également préciser que ce laboratoire devait être la «pièce maîtresse» du contrôle de la conformité des produits industriels (exemple: les chauffages qui tuent, les balances qui volent, etc.) Son assistance était attendue par les laboratoires de la répression des fraudes qui sont moins outillés. Le DG de ce laboratoire est pessimiste car il ne voit aucune solution au problème qu'il décrit très complexe. Au grand bonheur de la bureaucratie qui, elle, sait saisir les «bonnes» opportunités. Le troisième cas nous vient du livre. Lors d'une rencontre, des universitaires ont estimé que nos enfants ne lisent pas assez pour ne pas dire pas du tout. Que ce soit à l'école ou à la maison. Ce à quoi le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a rétorqué que l'affirmation est inexacte en l'absence d'organismes algériens capables de mener des études et sondages fiables. Et pour cause, cela relève des prérogatives du Centre national du livre créé en 2009, mais qui est «gelé jusqu'à l'heure» a tenu à préciser son directeur, Hassen Ben Dif. Voilà comment la boucle est bouclée. On peut toujours dire que le livre se porte bien chez nous en interrogeant les astres. Tout ceci est révoltant. Inadmissible. Qui peut accepter ces «poussières mises sous le tapis»?

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