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Les partis et les électeurs

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Point nodal. Maintenant que les résultats définitifs des élections législatives du 4 mai dernier sont proclamés par le Conseil constitutionnel, la cartographie politique de notre pays est plus précise. Parmi les grandes tendances qui se dégagent, il y a le recul de la participation de près d'un million de voix par rapport à 2012 et ceci malgré le nombre des électeurs qui a augmenté à la faveur des nouveaux inscrits. Ensuite, il y a la représentation féminine à l'APN qui a perdu 28 sièges. Et enfin, le grand bénéfice du scrutin proportionnel tiré par les petits partis. Quant au nombre des bulletins nuls, à deux ou trois unités près, il est resté «stable» par rapport à 2012. Tout le monde aura remarqué que les partis politiques ne se sont pas trop «intéressés» au taux de participation. Ils ont même fait des efforts pour porter les regards ailleurs. Comme donner de la voix sur les prétendues irrégularités du scrutin en introduisant 295 recours auprès du Conseil constitutionnel qui en a rejeté 275 pour «défaut ou insuffisance de preuves». Alors que la «moisson» pour un très grand nombre d'entre eux a été plus que bonne. Qu'on en juge: le RCD obtient neuf sièges avec moins de 66.000 voix alors que le parti El Karama avec plus de 81.000 voix n'obtient que trois sièges. Il aura fallu trois fois plus de voix au Parti des travailleurs pour obtenir deux sièges de plus soit 11 sièges. Un seul siège sépare le score du FFS à celui du MPA, soit respectivement 14 et 13 sièges alors que le nombre des électeurs du MPA est supérieur à celui du FFS (241.000 et 152.000). Les exemples ne manquent pas. C'est le scrutin à la proportionnelle qui donne de tels résultats. C'est un mode qui a ses travers, mais qui favorise les petits partis. Ce qui ne devrait pas les encourager à dormir sur leurs lauriers. Les électeurs leur ont adressé un message fort. Il faudra aux partis de sérieux gages d'exemplarité, de proximité et d'engagement à servir les citoyens pour ne pas continuer à subir cette «érosion» qui risque, à terme, de les emporter. C'est cette même érosion qui a emporté les deux plus grands partis en France. L'autre grande tendance est la perte de 28 sièges par la représentation féminine à l'APN. Là aussi, un travail et des efforts sont à fournir par les députées. Elles ne devraient plus compter, uniquement, sur le quota pour croire que la partie sera toujours gagnée. Certes, les difficultés ne manquent pas, mais la réussite ne se donne pas. Bien que l'homme devrait participer malgré tout à cette parité. Surtout lorsqu'on constate qu'il y a des wilayas où aucune femme n'a été élue. En tout état de cause, nous sommes en présence d'un résultat qui traduit fidèlement le peu de performances des partis politiques. Ils devraient en être conscients et ne plus accuser les autres. L'Etat leur a offert sur un plateau la proportionnelle. A eux de savoir maintenant, comment «remonter la pente», aux yeux des électeurs. Il n'est plus possible de «cacher le soleil avec un tamis», en essayant de détourner l'attention sur les irrégularités. Plus personne n'est dupe!

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