Entre le perchoir et les fauteuils

Priorités. «La formation du gouvernement relève des prérogatives du président de la République, Abdelaziz Bouteflika et l'annonce de la nouvelle composante interviendra après l'installation de l'APN», c'est la réponse du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à une question, samedi dernier en marge de la cérémonie de sortie de promotion de l'ENA. Rien de nouveau dans cette réponse. Juste le rappel d'une évidence. Si on devine que la question tendait à infirmer ou confirmer la reconduction de Sellal à son poste, la réponse, elle, sonne comme un rappel des priorités. En effet, l'actualité est dominée par les pronostics sur le prochain gouvernement. S'y est ajoutée, accessoirement, la décision du MSP de ne pas participer au futur gouvernement. Très peu de voix, pour ne pas dire aucune, pour le futur président de l'Assemblée populaire nationale. Il est vrai qu'il y a quelques jours et à la faveur d'un «creux» de l'actualité, certains ont évoqué ce poste, éminemment important, en avançant le nom (selon leurs sources) d'Eddalia Ghania, l'élue de Blida et ex-ministre chargée du Parlement. Comme toujours, le nom des titulaires paraît plus important que les institutions dont ils auront la charge. C'est demain que se tiendra la première session plénière de l'Assemblée populaire nationale issue des élections du 4 mai dernier validés par le Conseil constitutionnel. Cette séance sera consacrée à l'élection du bureau, la constitution des commissions et l'élection du président de cette 8ème législature. Le président de la précédente législature, Larbi Ould Khelifa, avait été élu à Alger sur la liste du FLN. Il se trouve que pour la liste d'Alger du 4 mai dernier, le FLN a présenté, en tête de liste l'ancien ministre, Sid Ahmed Ferroukhi. Si l'on devait se mêler aux pronostiqueurs, Eddalia et Ferroukhi étant tous deux du FLN ont les mêmes chances pour le perchoir. A quelques différences près. L'atout de Mme Eddalia est sa condition de femme. Sauf que la nouvelle Constitution a rendu la gouvernance de l'APN plus difficile que lors des précédentes législatures. Ce qui ne laisse pas de place aux critères symboliques. Ferroukhi, lui, n'a pas la réputation d'être un homme facile à «manier» même avec son allure décontractée de marin pêcheur qu'il affectionne tant. Il faudra beaucoup d'autorité pour «gérer» cette chambre avec les nouveaux droits accordés à l'opposition. Ceci dit, il n'est pas exclu, non plus, que le candidat soit issu du RND qui est compris dans la «majorité parlementaire». C'est à cet événement «oublié» que faisait allusion Sellal lorsqu'il a rappelé que «le gouvernement sera composée après l'installation de l'APN». De plus, rien ne dit que le gouvernement sera composé mercredi prochain car le «après» de Sellal n'est pas une date. Ce peut être une période très élastique. Surtout que c'est le président de la République et lui seul, qui dicte le tempo. Alors pensons d'abord aux institutions. C'est beaucoup plus important!