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Ouyahia, les réformes et le FMI

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Coup de fouet. La conférence de presse tenue, hier, par le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, a réanimé une scène politique «silencieuse» depuis deux semaines. La rencontre qui a duré près de deux heures, a permis aux journalistes de faire le plein de «matières» pour plusieurs jours. Comme à son habitude, Ouyahia a répondu à toutes les questions sauf à celles qui prennent des allures de «feuilletons». Sans détours, toujours avec rigueur et un redoutable sens de la formule, Ouyahia donne à ces rencontres une «saveur» que la presse apprécie. Ceci dit, parmi les sujets les plus importants auxquels a répondu le leader du RND, figure la situation économique et sociale du pays. Une situation marquée par une baisse des revenus pétroliers qui impose une nouvelle classification des priorités comme annoncées par le Premier ministre Tebboune qui prépare d'ailleurs son Plan d'action qu'il soumettra au Parlement. La partie est loin d'être facile. Ouyahia a rappelé une partie de ses mauvais souvenirs de la crise similaire vécue par notre pays dans les années 1990 alors qu'il était Premier ministre. Il a rappelé ce qui nous attend si nous n'arrivons pas à relever le défi de la diversification de notre économie. Avec cette chance inouïe de n'être pas, cette fois-ci, pris à la gorge. Cela fait trois ans que la crise est là. Cela fait trois ans que nous puisons dans nos réserves. Tous les Algériens, sans exception, devraient avoir présent à l'esprit qu'il y a tout intérêt à accélérer la cadence des réformes. Pour Ouyahia, il serait utile que ces réformes économiques fassent l'objet d'un large débat qui impliquerait toutes les forces vives du pays et non pas les seuls experts comme cela a déjà eu lieu. Cela est d'autant nécessaire que les réformes nécessaires s'avèrent profondes. Ouyahia a cité l'exemple de la réforme des retraites dont la nécessité ne fait aucun doute si l'on veut que les retraités continuent à percevoir sans problème leurs pensions. Il a également cité la privatisation, des entreprises publiques, qui avait connu un début d'application il y a quelques années et qu'il faudra reprendre sous une formule graduelle. Ce dossier traîne un boulet faussement idéologique dont il faudra se débarrasser impérativement. Que gagne par exemple, une tannerie à être propriété de l'Etat? Trois décennies après l'ouverture économique, ce tabou persiste. Jusqu'au jour où il nous perdra pour nous jeter dans les bras du FMI. Ouyahia a rappelé les trois exigences de ce fonds monétaire lorsqu'il était Premier ministre dans les années 1990. C'est un «réajustement» qui s'articule sur trois axes: dévaluation de la monnaie, relèvement des taux d'intérêts et ouverture du commerce extérieur. Traduction: inflation, désinvestissements et faillite du «made in bladi». Ne demandez surtout pas au FMI ou à la Banque mondiale ce qu'ils pensent de notre politique sociale actuelle et générale et des subventions en particulier. «A supprimer au plus vite» serait sa réponse. Et c'est précisément pendant qu'il est encore temps que Ouyahia en appelle à un large débat pour un consensus nécessaire à la réussite des réformes que nous impose la «malédiction» du baril. On a très souvent entendu dire que «personne n'a le monopole du patriotisme». Nous y sommes!

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