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La violence "s'inscrit"à l'université

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La racine du mal. Une «coordination nationale de la lutte contre la violence en milieu universitaire» vient d'être créée. C'est la dernière initiative en date contre le phénomène de la violence dans notre pays. Une violence qui n'épargne, pour ainsi dire, aucun secteur, ni aucun milieu, mais que l'on persiste à aborder avec une certaine spécificité, localisée et à chaque fois séparée des autres constats de violences. Avant l'université, il y a eu l'épisode de la violence à l'école. Il y a eu la violence dans les stades. Plus largement, la violence sur nos routes est si forte qu'il est carrément question de terrorisme routier. A l'intérieur même du milieu familial, la violence faite aux femmes est dénoncée. Celle qui est infligée aux enfants aussi. Le ministère de la Solidarité vient de lancer une campagne contre la maltraitance des personnes âgées. Plus directement, la violence est partout. Dans la cellule familiale, à l'école, à l'université, dans la rue, aux stades et...sur nos chaînes télés. Elle touche toutes les tranches d'âges, les deux sexes. Finalement, la violence fait partie de notre vie. De la naissance avec l'enfance maltraitée jusqu'à la mort avec la maltraitance des personnes âgées. S'il fallait chercher les causes, point n'est besoin d'être un spécialiste. Toute notre histoire est violence. La colonisation durant un siècle et demi avec comme point culminant les huit années de guerre de Libération nationale. S'il y a eu un million et demi de martyrs, les 9 millions de survivants ont, indéniablement, tous gardé des séquelles de cette violence subie depuis la nuit des temps. A l'indépendance, qui était en mesure d'accompagner qui? Les priorités les plus visibles et les plus immédiates étaient l'approvisionnement alimentaire, l'éducation, la santé. Ces défis ont été relevés. Les 9 millions de victimes de la violence formaient la population en 1962. Aujourd'hui la population est passée à 40 millions de personnes. Par quel miracle aurait-on voulu que les premiers ne transmettent pas leurs séquelles de la violence aux générations suivantes? La transmission ne pouvait qu'être inévitable vu le taux d'analphabétisme et le dénuement total, matériel et psychologique, qui prévalaient le 5 juillet 1962. Curieusement, très rares sont ceux qui remontent à cette période lorsqu'ils évoquent la violence. Surtout que celle-ci a été aggravée par la décennie du terrorisme. Pourtant, tout le monde a le réflexe, aujourd'hui, d'exiger l'accompagnement des psychologues pour le moindre «bobo». La solution exige du temps. Des moyens aussi comme le développement économique et social qui est en cours. Une participation plus volontariste de l'école qui vient, heureusement, d'inscrire l'exigence de qualité dans ses objectifs. Ce qui permettra, à terme, de disposer de cet autre moyen qu'est la culture dans tous ses aspects. Il y a aussi la thérapie par le rire. Par l'adoption des animaux domestiques. En attendant on pourra «disséquer», «découper», «empaqueter» ce fléau par autant de tranches qu'on voudra. On pourra ainsi «meubler» les débats. Et réussir quelques «garrots»!

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