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Foot: mascarade!

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Lors de sa réunion - tenue jeudi dernier - le Bureau fédéral (BF) de la Fédération algérienne de football (FAF) a pris un certain nombre de décisions, en particulier le volet «professionnalisation» qui devrait selon le BF de la FAF, être effective dès la prochaine saison (2017-2018). La septième saison du championnat «professionnel» s'est achevée le 14 juin en plein Ramadhan et canicule. Une période curieuse pour une Ligue 1 de 16 équipes. Sans doute que là n'est pas le plus important, quoique cela met en exergue l'amateurisme des dirigeants du football national. Reste le fait que le football est doté d'une compétition «professionnelle» qui fonctionne depuis 2010 sur le mode amateur. Un mode très dispendieux, accordant des salaires de plus de 300 millions de centimes par mois à des footballeurs souvent médiocres. Comment a-t-on pu laisser les choses s'enliser à ce point? Et c'est en 2017 que l'on reparle (enfin?) du cahier des charges qui aurait dû être imposé dès le premier jour de l'avènement du professionnalisme. Ainsi, on a créé un monstre, quelque chose d'unique dans les annales du football professionnel avec des dirigeants qui n'ont aucune notion de ce qu'est un cahier des charges, de la gestion financière [un club professionnel, est une société qui fonctionne selon les normes économiques] du milieu nécessaire (centre de formation notamment) au bon fonctionnement de l'association. Ainsi, les Sspa [Sociétés sportives par actions] parce que mal structurées et peu efficientes ont montré leurs limites. En fait, le professionnalisme à l'algérienne est grotesque, un ratage sidérant, avec dilapidation de centaines de milliards de centimes - fournis dans 80% des cas par l'Etat - engloutis sans profit pour la pratique professionnelle. A qui demander des comptes? C'est encore plus étonnant lorsque le Bureau fédéral [un ultimatum?] exige la professionnalisation des clubs à partir de 2017-2018 alors qu'en fait aucun club ne dispose actuellement des structures pour une telle exigence... A-t-on fait un bilan de sept années de pratique du football professionnel? A-t-on tiré les leçons des échecs essuyés? Il semble que cela doive passer par pertes et profits! Relevons toutefois que le BF semble avoir pris note du fait que le football algérien est loin, très loin des normes du professionnalisme, dès lors qu'il fixe aux clubs une date butoir (?) pour atteindre cet objectif. Ce constat fait, qu'attend donc la FAF pour agir? Il est de son ressort de prendre les décisions à caractère sportif et juridique à l'encontre des clubs incapables de se mettre en accord avec la pratique professionnelle. Et puis, on ne demande pas à des gens ayant échoué [à professionnaliser leur association sportive] de continuer à travailler sans autre forme de procès. Les dirigeants du football algérien - des clubs dits professionnels en particulier - ont montré outre leur limite, leur incompétence. Dès lors, est-il pertinent de continuer un partenariat qui mène droit au mur? Aussi, de quelle logique procèdent les responsables du BF de la FAF, qui [pourtant] disposent de textes de loi leur permettant d'assainir le panier à crabes qu'est le professionnalisme dans notre pays? Pourquoi ne le font-ils pas? Il y a des minima que même un dirigeant sans expérience ne saurait transcender: ou il est prêt à la pratique professionnelle, ou il laisse la charge à d'autres. Dans le second cas il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de le reconnaître et d'en tirer les conséquences. En sept ans de pratique aucun dirigeant des clubs «professionnels» n'a fait son méa-culpa, ni fait l'effort de mettre son association dans l'orbite du professionnalisme. L'an dernier, un club «pro» de Ligue 1 Mobilis n'avait pas les moyens de payer son engagement (200 millions de centimes) auprès de la Ligue de football professionnel (LFP). Or, malgré leurs problèmes financiers, les présidents des Sspa, prenant en otage leurs clubs, refusent d'ouvrir le capital de la société. Ainsi, la Commission de règlement des litiges (CRL) s'est avérée être l'organisme le plus actif du football professionnel algérien. D'ailleurs, le BF a averti que les clubs ayant plus de 2 millions de dinars de dettes ne seront pas autorisés à recruter, voire se faire défalquer des points. Cela a été le cas du RC Relizane - l'an dernier - qui s'est vu retirer trois points pour n'avoir pas régularisé ses joueurs. Or, Relizane vient de porter l'affaire devant le TAS de Lausanne (Tribunal arbitral des sports) risquant de rééditer le scandale du RC Kouba en 2008, quand ce même TAS donna raison au club banlieusard. Résultat: la FAF avait été contrainte d'admettre en surnombre le RCK en Division nationale 1. Cela risque de se reproduire avec le RCR, relégué en Ligue 2 qui serait alors en droit d'exiger son retour en Ligue 1 Mobilis. On n'en a pas fini avec le bricolage, et la mascarade continue.

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