Prévisions pour le 22 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 38 °C
23
 Laghouat Min 17 °C Max 28 °C
32
 Batna Min 13 °C Max 23 °C
28
 Biskra Min 18 °C Max 32 °C
34
 Tamanrasset Min 21 °C Max 30 °C
30
 Tlemcen Min 16 °C Max 27 °C
34
 Alger Min 19 °C Max 26 °C
34
 Saïda Min 16 °C Max 28 °C
30
 Annaba Min 22 °C Max 27 °C
39
 Mascara Min 15 °C Max 30 °C
34
 Ouargla Min 24 °C Max 33 °C
30
 Oran Min 20 °C Max 26 °C
32
 Illizi Min 22 °C Max 36 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 36 °C
34
 Khenchela Min 13 °C Max 22 °C
12
 Mila Min 17 °C Max 26 °C
30
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
32
Accueil |L'Editorial |

L'Afrique, toujours loin!?

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Ils sont venus, ont vu, mais étaient-ils tous là? Ce n'est même pas le dilemme de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Cependant, lorsque le quart des dirigeants - chefs d'Etat et de gouvernement - africains se font porter pâles pour leur «Conférence» annuelle [nouvelle dénomination du sommet bi-annuel de l'Union africaine - UA] cela pose, à l'évidence, problème. La quinzaine de dirigeants absents sur 55 membres de l'UA - y compris le Maroc (revenu après 33 ans de boycott) dont le souverain a brillé par son absence à Addis-Abeba - illustrent à l'envi l'intérêt que ces derniers portent à leur regroupement continental. C'est le crédit et la cohésion de l'Union africaine qui sont mis en doute quand ceux-là censés donner l'exemple, sont les premiers à déserter le champ de bataille du développement de l'Afrique. Placé sous le thème «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse» - en sus du lourd dossier de la réforme de l'institution, et la méritoire ambition de faire taire les armes d'ici 2020 - le 29e Sommet de l'Union africaine donnait l'impression d'avoir les atouts nécessaires pour réussir son pari. Mais c'était seulement une impression, car la réalité elle, est autre. Notons, d'abord, cette flagrante antinomie entre un thème centré sur la jeunesse et le fait que l'Afrique soit dirigée par des chefs d'Etat et/ou de gouvernement dont nombre d'entre eux sont septuagénaires, octogénaires, voire nonagénaires. C'est le cas du président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui porte allégrement ses 93 printemps et est candidat à sa propre succession. Ainsi, à l'occasion, l'Afrique parle de sa jeunesse - sa seule véritable fortune - délaissée, bradée et marginalisée. Comment cette jeunesse écartée du processus politique et décisionnel africain, peut-elle jouer un rôle quelconque, quand elle n'a pas été formée pour prendre la relève de dirigeants vieillissants et impotents, obstinément accrochés au pouvoir? Aussi, quand ils évoquent la jeunesse et la possibilité de l'insérer dans le processus politique local, cela fait comme un défaut. Dès les indépendances, la relève politique a été gelée en Afrique, quand on note que des chefs d'Etat sont aux affaires de leurs pays depuis les indépendances. C'est le cas au Zimbabwe (encore) depuis 1989 et en Angola, depuis 1975. Ainsi, l'Afrique n'arrive pas à grandir et ne parvient pas à sortir d'une adolescence (certes, façon de parler) qui ne veut pas mûrir, avec des répercussions négatives sur le devenir et le développement du continent. Quel contraste cela fait entre une Afrique dirigée par des nonagénaires - le président tunisien Béji Caïd Essebsi, aura bientôt 90 ans - et une Europe dont la moyenne d'âge de ses dirigeants ne dépasse pas 55 ans, avec même à la tête de la France un président de 39 ans (Emmanuel Macron) qui rend vert d'envie les jeunes politiciens africains laissés en plan dans leurs pays. En fait, il n'y a pas photo. Car dans la pratique, la jeunesse africaine n'a jamais été prête à se voir confier les rênes du pouvoir et de la décision, ni mise en situation d'assumer ces charges. Aussi, comment, de fait, l'Afrique pourrait-elle mettre un terme à l'hémorragie de ses élites vers l'étranger, quand celles-ci sont marginalisées, quand elles ne sont pas réprimées? Aussi, nous croirons au renouveau en Afrique lorsque des chefs d'Etat - dont quelques-uns sont au pouvoir depuis plus de trois décennies - renonceront de leur propre chef à leur charge pour laisser la place à cette jeunesse exaltée, à peu de frais il est vrai, à Addis-Abeba. Alors, soyons conséquents! L'Afrique ne peut être que le reflet de ses pays membres. Continent riche par ses matières premières, l'Afrique est pourtant pauvre quand ses dirigeants vivent dans l'aisance. Des pays qui ont les moyens de devenir les greniers de l'Afrique vivotent et sont dans l'incapacité d'assurer leur autonomie alimentaire. Les deux-tiers des Etats africains sont, à un degré ou à un autre, concernés par des conflits qui perdurent et pénalisent, dans la durée, ce développement derrière lequel court le continent. Ceux qui ont échoué, lors de ces décennies, à faire décoller économiquement le continent noir, à l'affranchir de la dépendance financière de l'étranger, à mettre à niveau son agriculture et son industrie, à lutter contre les pandémies qui font des ravages parmi les populations africaines, ne peuvent pas être ceux appelés à réformer l'Union africaine, à faire taire les armes dans les trois années à venir, ou donner ses chances à une jeunesse africaine qui fait (aujourd'hui) le bonheur des pays européens et américains. Ce sont celles-là les réalités de l'Afrique. Les bavardages d'Addis-Abeba, ne peuvent nous abuser!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha