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Nos moudjahidine face à la crise

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Collationnement. Le ministre du Commerce, Ahmed Saci, a été clair. Les 530 millions de dollars d'importations de véhicules enregistrés par les douanes sur les cinq premiers mois de cette année, l'ont été par «des particuliers avec leurs propres finances en utilisant les licences des moudjahidine» a précisé le ministre. Il a même ajouté que «c'est leur droit sachant que maintenant, on n'a pas permis l'importation des véhicules». Ce qui revient à dire que des licences des moudjahidine ont permis d'importer autant de véhicules qu'à la même période l'année dernière. En effet et toujours selon les douanes, «sur les cinq premiers mois de 2016, la facture d'importation des véhicules de tourisme s'est élevée à 504,02 millions de dollars». Une différence d'à peine de 26 millions. Toujours selon la même source «sur l`année 2016, le contingent quantitatif d`importation des véhicules de tourisme a été fixé à 98.374 unités dans le cadre des licences d'importation...(pour une) facture de 1,3 milliard de dollars». Ce qui permet de «transformer» les dollars en véhicules. Si un milliard de dollars ont permis l'importation de plus de 98.000 véhicules, c'est environ la moitié qui a été importée, durant les cinq premiers mois de cette année, avec 530 millions de dollars. Au final ce sont quelque 45.000 licences de moudjahidine qui ont été utilisées en cinq mois, cette année. Ce n'est pas fini. Comme c'est le même montant d'importation qu'en 2016, on ne sait plus si chaque année les moudjahidine ont le même nombre de licences ou est-ce une pure coïncidence de chiffres? Quoi qu'il en soit, 45.000 licences délivrées en seulement cinq mois à nos moudjahidine c'est «un peu beaucoup». D'autre part et toujours en suivant la précision du ministre du Commerce, les 530 millions de dollars de cette année déboursés par des particuliers en cinq mois seulement ne peuvent pas être sortis de petits «comptes d'épargne». 45.000 véhicules en cinq mois c'est 9000 véhicules par mois. A titre comparatif, Renault Algérie a produit 42.000 véhicules sur toute l'année 2016. De là à dire que nos moudjahidine «produisent» plus de véhicules que Renault, il n'y a qu'un pas que nous n'oserons pas franchir. Même si les chiffres sont irréfutables. Ceci dit, il n'y a pas que l'aspect économique dans ce sujet. Il s'agit de nos moudjahidine. Parmi les plus valeureux d'entre nous, qui ont libéré le pays. Les licences pour l'achat de véhicules exonérés des taxes, qui leur sont délivrées, sont des avantages mérités. Sauf que leur mise en avant dans une conjoncture économique des plus difficiles pour le pays, ne concourt nullement à servir leur image auprès de l'opinion publique. Leur passé les oblige à une exemplarité à toute épreuve. Une toute dernière question: pour être moudjahid il faut avoir eu au moins 20 ans en 1962. C'est-à-dire 75 ans et plus aujourd'hui. Il serait utile de connaître leur nombre ainsi que leurs capacités physiques à conduire un véhicule!

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