Accueil |L'Editorial |

Necib et la distribution verticale de l'eau

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

On ne joue pas avec le feu. Ni avec l'eau non plus! C'est en quelque sorte ce qu'a voulu dire, Hocine Necib, notre ministre des Ressources en eau aux cadres de son secteur qu'il a réunis en fin de semaine. Il leur a demandé «d'inscrire l'amélioration du service public de l'eau potable comme priorité absolue». Une précision qui suggère que cela avait tendance à être oublié. Le ministre va plus loin en exigeant d'eux «de veiller à mettre un terme aux perturbations». D'abord, parce que les perturbations existent. Le ministre les localise dans au moins 16 wilayas. Il y a un mois, Necib avait affirmé que «les services de son ministère avaient déterminé les causes (de ces perturbations NDLR) dans chaque wilaya et oeuvrent, à la résolution de ce problème». Il y a tout lieu de croire que la «résolution de ce problème» est toujours en cours. Commençons par le commencement. L'Etat a mis des moyens considérables et a fini par gagner la bataille de l'eau. Par des barrages. Par les nappes phréatiques. Par le dessalement d'eau de mer. Par des retenues collinaires. Par le traitement des eaux usées. Etc, etc,. Le 29 juin dernier, notre ministre avait affirmé que «le taux de remplissage des barrages au niveau national a atteint 68%». Ce n'est pas la surabondance, mais pas la sécheresse non plus. De plus, les barrages sont interconnectés. Celui qui contient plus d'eau peut en transférer à celui qui n'en a pas suffisamment. Le problème de ces «perturbations» ne relève donc pas de la quantité d'eau. Il est ailleurs. Comme sa solution que l'on voit poindre lorsque le ministre abord la question de la ressource humaine. Sur cet aspect du problème il a «instruit les responsables, notamment ceux de l'ADE, de procéder à la réorganisation des effectifs et à leur redéploiement». En d'autres termes, de procéder à des mouvements. On n'en dira pas plus. Tout le monde connaît les bienfaits de ces mouvements, notamment contre la bureaucratie. La qualité de la vie du citoyen marquée notamment par la simplification des procédures dans ses rapports avec l'administration a commencé avec la numérisation de l'état civil et s'est poursuivie par l'introduction de la biométrie pour divers autres documents. C'est aussi l'approvisionnement du marché en denrées essentielles. C'est aussi la préservation de son pouvoir d'achat. C'est aussi simplifier sa mobilité (métro, tramways, trains, etc.). C'est aussi son approvisionnement permanent et continu en électricité et en eau. Tout cela est aujourd'hui assuré. Avec cependant cette particularité qui ressemble étrangement aux vertus de la fibre optique. Si le raccordement s'arrête au bas de l'immeuble (distribution horizontale) et ne va pas jusqu'à l'abonné, ce dernier ne profitera jamais pleinement des performances de la fibre. Pour la distribution de l'eau potable c'est exactement la même chose. De plus en plus de cités se dotent de «bâches à eau» munies de pompes pour la distribution dans les foyers. Or la gestion de ces pompes pose de plus en plus de problèmes. Les pannes sont de plus en plus fréquentes et les réparations des plus aléatoires. C'est une partie de la distribution (verticale) qui ne relève pas des services du ministère des Ressources en eau mais qui empoisonne la vie quotidienne des citoyens. Si le ministre s'en tient aux rapports de ses services, qu'il sache que les «perturbations» les plus ressenties par les citoyens n'y figurent pas. Cela reste, cependant, toujours de la responsabilité du gouvernement!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha