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La Corée du Nord, l'arbre et la forêt

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Mauvais signes. La Corée du Nord vient de réussir son dernier lancement de missile balistique intercontinental. Ce qui a permis au chef de l'Etat nord-coréen d'affirmer qu'il avait désormais «la capacité de frapper tout le territoire américain». Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères nord-coréen précise que «si les Yankees osent brandir le bâton nucléaire... la Rpdc (Pyongyang, Ndlr) leur apprendra les manières en usant de la force stratégique nucléaire». Le message est redoutablement clair. Si redoutable que la seule réaction du président américain aura été de montrer à la Chine, principal allié de la Corée du Nord, «sa déception de ne rien faire pour résoudre ce problème». En d'autres termes, Trump demande à la Chine de faire le «boulot» à sa place sinon les importations chinoises aux Etats-Unis en prendraient un coup. Certes, la Chine a condamné les tirs nord-coréens tout en suggérant aux Etats-Unis que la seule voie était le dialogue. Le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, a été plus loin en affirmant que du fait que Pékin et la Russie soutenaient économiquement le programme nucléaire balistique de Pyongyang, ces deux pays portent une «responsabilité spéciale» dans cette menace qui pèse sur les Etats-Unis. Le lendemain de cette déclaration, c'est-à-dire hier, la Russie a organisé un défilé naval à Saint-Pétersbourg en présence du président Vladimir Poutine. Une démonstration de force où pour la première fois, Moscou a présenté sa force navale de la base de Tartous (Syrie). Là aussi le message est clair d'autant que Poutine a promis de répondre aux multiples sanctions économiques qui sont imposées à son pays. Dans le même temps, la Chine a choisi la Mongolie pour organiser, par surprise, un défilé militaire présidé par le chef de l'Etat, Xi Jinping, revêtu pour la circonstance de la tenue militaire. Officiellement, c'était la commémoration de la création de l'Armée rouge, le 1er août 1927. Sauf que c'est la première fois que cette commémoration a lieu. Il faut ajouter à cela, les manoeuvres militaires conjointes, sino-russes, qui ont eu lieu en mer de Chine en septembre dernier. L'année d'avant ce sont deux manoeuvres navales conjointes qui ont eu lieu. Et si l'on ajoute l'annonce faite, hier, par l'Iran de poursuivre son programme balistique, il y a comme une odeur de poudre qui flotte sur la planète. L'étalage de ces forces militaires intervient dans un contexte marqué d'une part par une certaine fragilité de l'administration américaine secouée par diverses affaires et d'autre part par la nouvelle tournure de guerre de religion que veut donner Israël au conflit qui l'oppose aux Palestiniens. Chacune des grandes puissances semble se préparer à des événements particuliers. Tout porte à croire que la décision prise hier par le président Bouteflika d'envoyer urgemment notre ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, dans huit pays du Proche et Moyen-Orient s'inscrit en droite ligne de la nouvelle orientation prise par les événements. La Corée du Nord n'est que l'arbre d'une forêt où se préparent beaucoup de choses!

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