Accueil |L'Editorial |

La méthode Trump!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Etre président, une sinécure? Le 45e président des Etats-Unis [dont l'apprentissage semble plutôt difficile] découvre à ses dépens, qu'il a beau être le chef de la première puissance mondiale, il ne lui suffit pas de dire faites ceci ou cela, pour qu'il soit exaucé. De fait, Donald Trump - qui reste sur cinq rudes échecs dans son pays et à l'étranger - mélange gestion des affaires commerciales, politiques et diplomatiques. Venu du monde du business, le nouvel hôte de la Maison-Blanche pensait pouvoir diriger les Etats-Unis - que dire du monde - comme il gérait ses holdings. Que nenni! Chaque jour qui passe et après chaque avanie - la dernière en date lui fut infligée par son propre camp qui fit échouer l'abrogation de l'Obamacare, sa grande promesse de la campagne présidentielle - Trump en apprend un peu plus sur la politique et ses aléas. Toutefois, Trump qui fit campagne sur le thème «l'Amérique d'abord» fait tout, depuis son arrivée au pouvoir, pour priver des millions d'Etats-Uniens, parmi les jeunes et les plus pauvres - 52 millions d'ici 2026 - de la couverture santé, que leur accorde la loi Obama (Obamacare). Homme d'affaires, partisan du système privé jusqu'à son extrême absurdité, Donald Trump estime que chacun doit payer ses médicaments et son assurance maladie que seuls les riches sont en mesure d'assumer. Il refuse que l'Etat fédéral assure sa part dans la protection des plus pauvres. Milliardaire à la tête d'un gouvernement composé de milliardaires, il ne peut comprendre que des gens puissent ne pas avoir les moyens de se soigner ou de s'offrir une assurance-maladie. De fait, Trump ne s'investit que pour les Etats-Unis d'en haut, des riches, les Etats-Unis d'en bas restant le dernier de ses soucis. Il a réitéré ainsi qu'il veut rendre aux Etats-Unis leur «grandeur», en laissant sans couverture médicale et en marge du développement des millions d'Etats-Uniens, les plus pauvres parmi les «Américains». Les experts aux Etats-Unis estiment que le Trumpcare - qui remplacera l'Obamacare - aurait des effets négatifs et précipitera le départ du système des plus jeunes, en meilleure santé, et de millions de citoyens modestes ou des classes moyennes ayant des difficultés à financer leur assurance-maladie. En fait, les plus lucides des républicains ont compris ce danger qui firent rater l'abrogation de la loi Obama, en votant avec les démocrates. Au plan international, il réussit l'exploit de se mettre à dos les grandes puissances européennes à leur tête le mastodonte allemand d'Angela Merkel. Il en fit tant et plus qu'il s'est trouvé isolé lors du G20 qu'abrita la ville allemande de Hambourg au début du mois de juillet. Depuis sa prise de pouvoir, le 45e président des Etats-Unis s'est signalé par un usage immodéré du tweet, l'utilisant à tort et à travers, comme si l'on pouvait régler par un tweet les problèmes domestiques ou internationaux. Samedi encore, il «tweeta» rageusement, avertissant Pékin qu'il ne «permettrait plus» que la Chine «n'agisse» pas contre Pyongyang. Comme si Pékin était la «baby-sitter» de la Corée du Nord qu'elle doit tenir en laisse. En tout état de cause, le président américain a un concept baroque des relations internationales qui seraient, selon lui, fondées sur le rapport de force. Y a-t-il relation de cause à effet entre ce tweet à l'endroit de Pékin, et la démonstration de force (dimanche) de l'armée chinoise dans des manifestations grandioses, qui traditionnellement se célébraient le 1er août, la journée de l'armée chinoise? Ainsi, Trump compte mener la politique étrangère de son pays à coup de tweets et d'humeurs - c'est par un tweet aussi, que Trump annonça le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat - félicitant les uns, accablant les autres et s'attendant à ce que le monde marche droit sous ses injonctions et coups de trique. En fait, les tweets du président interfèrent avec la politique étrangère des Etats-Unis devenue confuse et illisible. Le bruit avait couru, la semaine dernière, que le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, songea à démissionner. En fait, sa présence au département d'Etat est superfétatoire, d'aucuns estimant que la politique étrangère des Etats-Unis se faisait désormais à la Maison-Blanche. Dans un de ses discours de campagne, Donald Trump avait usé d'un ton «neuf» qui a séduit en indiquant que «contrairement à d'autres candidats présidentiels, la guerre et l'agression ne seront pas mon premier instinct», ajoutant «nous ne pouvons pas avoir de politique étrangère sans diplomatie, une superpuissance comprend que la prudence et la retenue sont les véritables signes de la force». Une fois président, oubliée cette profession de foi, revenant, bel et bien, à cet exécrable axiome, très états-unien, comme quoi seule la force prime, brandissant à son tour la carotte d'une main et le bâton de l'autre revenant à la doctrine roosveltienne du «Big Stick». C'est court comme fondement d'une politique étrangère.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha