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Tebboune ne lâche pas l'informel

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Ténacité. Le Premier ministre est engagé dans un assainissement économico-financier inédit. Comme un père de famille qui vit avec la hantise des fins de mois difficiles. Réduction des importations, révision des formules SKD et CKD dans l'industrie automobile, distinction nette entre production et transformation, notamment dans sa partie exportable, récupération de concessions agricoles non exploitées, de foncier industriel également, mises en demeure aux entreprises défaillantes et qui sont engagées dans des réalisations de projets publics et, enfin, la toute dernière annonce, la lutte contre l'informel se poursuit. En réalité la lutte contre l'informel représente pour notre économie la «mère des batailles». Au mois de mars dernier Abdelmadjid Tebboune qui assurait, en plus du ministère de l'Habitat, l'intérim du ministère du Commerce avait lancé une étude intitulée «Economie informelle: concepts, modes opératoires et impacts» en partenariat avec le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). C'était donc avant sa nomination au poste de Premier ministre. Lors de la réunion préparatoire de la prochaine tripartite (Gouvernement-Patronat-UGTA), Tebboune a, dans son intervention, reconnu que l'intégration de l'informel dans l'économie réelle avait été «un voeu pieux» pour ses prédécesseurs. On sait, effectivement, ce qu'il est advenu de l'exigence du paiement par chèque, du démantèlement des marchés informels, de l'informatisation du registre du commerce, de la bancarisation de l'argent informel. Ce fut l'échec pour chacune de ces actions. Pourtant, Tebboune ne baisse pas les bras. Il a déclaré être confiant et sûr qu'il pourrait parvenir à un résultat. Sans avancer de chiffres qui, par définition, sont au «noir» donc statistiquement inexistants. Ce qui est intéressant, c'est cette assurance affichée du Premier ministre de réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. On l'a dit plus haut, il a une connaissance assez détaillée du phénomène. Cela veut dire aussi qu'il a une idée derrière la tête pour venir à bout de ce fléau. Il n'a pas précisé comment il allait procéder lors de son intervention devant les partenaires sociaux. Cela a tout l'air d'une précaution pour garantir le succès de l'opération. Et si c'était le cas, la première déduction qui viendrait à l'esprit est la «méthode indienne». Ce qui donne toute son efficacité à la méthode est, précisément, d'éviter les détails. L'objectif affirmé du Premier ministre, de séparer le pouvoir, de l'argent, apparaît comme un préalable à ce défi de bancarisation de l'argent en «sachets». Avec des ramifications multiples qui vont au-delà de la sphère économique. Dans un champ de culture on enlève les mauvaises herbes pour s'assurer d'un bon rendement agricole. Pour le champ économique, c'est la même chose. Tebboune est décidé, pour un développement radieux du pays, à supprimer l'argent «toxique»!

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